Un Montoya radieux après son premier test !

En observant Juan-Pablo Montoya évoluer sur la piste de Sebring au volant de la Dallara-Chevrolet du Team Penske ce lundi 25 novembre, il était évident de constater que le Colombien n’a pas perdu le mode d’emploi d’une monoplace d’IndyCar. L’aérodynamisme, le moteur, les freins ont quelque peu changé depuis sa dernière apparition en 2000 mais la philosophie de la voiture est restée la même et cela semble lui convenir !

La plus grand changement est que tout arrive si vite !“, avouait le champion C.A.R.T. 1999, encore habitué au rythme des voitures de NASCAR Sprint Cup. “C’est gérable mais ça arrive si vite que vous finissez par faire des erreurs. En passant davantage de temps dans la voiture, tout ralentira et ce sera plus simple. Ca m’était déjà arrivé plusieurs fois par le passé donc je sais qu’avec le temps ça ira mieux.

L’objectif de cette séance n’était évidemment pas de claquer un chrono mais bel et bien de s’acclimater de nouveau au pilotage d’une monoplace, chose qu’il n’avait plus faite depuis 2006 et son départ de l’écurie McLaren-Mercedes en Formule Un. Avec 20 tours couverts au matin, le Colombien n’a concédé que trois dixièmes au pilote “maison” Will Power, venu régler la voiture et servir de référence à son nouveau coéquipier.


Le premier run était très très étrange. On a un petit peu renforcé la direction pour lui donner normalement un peu plus de force, d’efficacité, mais je pense que nous en avons trop fait. La position du volant était très différente. Dans une voiture de Cup, nous essayons de positionner le volant aussi bas que possible mais il est tellement grand que se sentir à son aise est vraiment différent (ndlr : d’une monoplace).

Malgré une puissance plus faible que sa Chevrolet SS qu’il pilotait en Cup, Montoya s’est trouvé étonné par l’efficacité de son nouveau jouet.

Je vous garantis que le moteur marche très fort. Lorsque vous mettez le pied dedans, il a une tonne de couple, c’est amusant. Le freinage est difficile. En comparaison de ce avec quoi j’ai roulé ces dernières années, vous vous dites ‘c’est pas mal’. Le mordant est bon. Mais lorsque vous tapez dans les freins, il y a une petite latence avec le moment où ils se mettent en température. Donc ça prend un peu de temps à s’y habituer.

Un détail amusant vient de la différence de ressenti qu’ont exprimé les deux coéquipiers. Lorsque Will Power remonte un important sous-virage, Montoya ne détecte qu’une légère perte d’adhérence. Ceci ne vient pas de leurs styles de pilotage plutôt semblables, mais des sept années passées au volant d’une stock-car dont les pertes d’adhérence sont “monnaie courante” et bien plus franches.

C’est tellement différent. Ca va prendre un peu de temps. Comme le dit Will, lorsqu’il sous-vire, il peut ressentir dans ce fichu volant qu’il perd l’avant. De mon côté je me dit :’Tu devrais piloter une voiture de Cup. Ca représente que 10% de ce à quoi je suis habitué.


Au terme de sa journée, Montoya s’est donné la note de 8 sur 10, se laissant une marge de progression notamment dans sa compréhension de la voiture. En effet, encore habitué au pilotage type “NASCAR” qui réclame de laisser la voiture enrouler le virage, Montoya a perdu du temps à essayer d’emmener sa voture de cette façon. Malheureusement, ce style n’a pour effet en monoplace que de faire surchauffer les pneus, détruire la vitesse de sortie de virage et de donner de fausses informations au pilote (sous-virage en entrée et sur-virage en sortie alors que la voiture est bien équilibrée).

J’ai pris du plaisir mais j’ai terminé par pousser trop fort. Les quelques endroits où je passais bien au début, j’ai fini par forcer sur les pneus et ruiner ma vitesse en sortie. Je dois arriver à un point où je me sens à l’aise dans la voiture pour comprendre et connaître ses limites. Ma plus grosse inquiétude venait du volant et de son poids. La bonne chose est que nous sommes venus ici et qu’il était pas mal du tout. Vous pouvez pensez que parce que nous avons commencé en pneus usés, la direction était légère mais lorsque nous avons monté les neufs je me suis dit ‘Oh c’est de ça dont ils parlaient’. Ca n’a pas été si mal.

Si Montoya s’est montré heureux d’avoir retrouvé LA discipline qui l’a révélé sur la scène internationale, il en va de même pour ses employeurs dont le Président de Penske Tim Cindric qui s’est déclaré “impressionné” par sa nouvelle recrue.

Il était à quelques dixièmes de Will pour sa première sortie. C’était plutôt impressionnant. Nous avions monté les vieux pneus juste pour lui montrer où s’effectuaient les changements de rapports et ensuite quand nous avons monté les pneus de Will, il était à quelques dixièmes immédiatement.

A l’issue de ces première journée d’essais, l’écurie Penske et leur pilote devront analyser les données récoltées afin de définir le programme des prochaines journées. Une chose est ure : si Montoya a encore du travail pour rejoindre le wagon de tête, son ambition, sa condition physique et sa mine réjouie ne peuvent pas le trahir : il est heureux d’être là et un pilote heureux est généralement toujours rapide ! De bon augure pour la suite…

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