Le débat sur les numéros relancé

Depuis la mort de Dale Earnhardt à Daytona en 2001 le numéro 3 n’a plus été revu en NASCAR Sprint Cup, autrement qu’en tout petit sur le montant des voitures de la Richard Childress Racing. Avec l’arrivée d’Austin Dillon à temps complet en Sprint Cup la saison prochaine, la donne va changer, puisque le numéro sera de retour à temps plein, dans l’écurie qui l’a rendu célèbre.

Mais voila en NASCAR le numéro 3 n’est pas qu’un chiffre, et peut-être plus encore que le numéro 43, c’est une icône, une icône associée à Dale Earnhardt comme le numéro 43 l’est à Richard Petty, mais Dale Earnhardt est mort en course, qui plus est à Daytona, ainsi pour beaucoup il ne faudrait plus toucher à ce numéro resté tristement célèbre à l’occasion de sa dernière sortie.


Si certains estiment que ce numéro ne doit plus être utilisé, d’autre au contraire sont prêt à traiter “de faibles et de lâches” ceux qui vivent dans le passé.

De la première course de NASCAR en 1949 à ce jour pas moins de soixante-quatorze pilotes ont pris part à une course au moins dans la division reine de la série avec une voiture frappée du numéro 3. Si Dale Earnhardt est resté le plus célèbre, ils sont six autres à avoir intégré le Hall of Fame et non des moindres, puisque Junior Johnson, Tim Flock, Cotton Owens, Fireball Roberts, David Pearson et Buck Baker.

Richard Childress lui-même a piloté le numéro 3 durant sa carrière comme d’autres pilotes n’ayant pas encore effectué leur entrée au Hall of Fame parmi lesquels Bobby Isaac, Marvin Panch ou encore Buddy Baker.

Mais l’association entre Earnhardt et ce chiffre avec lequel il a remporté six titres, le tout premier ayant été remporté en 1980 avec le #2, est particulière, indissociable à tel points que certains fans de Dale Earnhardt acceptent que ce numéro soit porté par quelqu’un d’autre que celui qui fut surnommé l’Intimidator lorsqu’il pilotait cette Chevrolet noire n°3 si reconnaissable dans le peloton ; c’est pour eux le meilleur devoir de mémoire qui soit et une très bonne façon de revoir ce numéro au plus au niveau dans ce sport. D’autres fans estiment en revanche qu’il s’agît ni plus ni moins qu’une “dévalorisation de l’héritage de Dale Earnhardt”.

Où est la réalité, certainement au milieu de tout ça. Il est certain que Richard Childress en personne a travaillé dans l’ombre pour faire revenir ce numéro en Sprint Cup. Petit-fils de ce dernier, Austin Dillon incarne la nouvelle génération de pilotes et attire donc un public plus jeune, un public qui lorsque l’on évoque le nom Earnhardt l’associe à Dale Jr., car il n’a pas encore appris ni cerné toute l’histoire de ce sport en général, de cette famille en particulier.

D’un point de vue économique c’est aussi un coup de maître pour la Richard Childress Racing puisqu’Austin Dillon sera sponsorisé par General Mills, mais aussi Dow Chemical, dont la livrée de la voiture avec ce sponsor sera noire, rappelant en partie les couleurs qu’arborait Dale Earnhardt sur la fin de sa carrière. Nul doute que les produits dérivés avec le sponsor Dow Chemical vont être très convoités et ce quelques soient les résultats d’Austin Dillon.

Pour rappel c’est la NASCAR qui est propriétaire des numéros, numéro qu’elle loue aux équipes. Depuis le décès de Dale Earnhardt la NASCAR n’a pas interdit ce numéro, la Richard Childress Racing le louait sans l’utiliser afin qu’aucune autre équipe ne s’approprie le numéro qui a fait sa renommée.

Fallait-il retirer ce numéro, ou d’autres encore au motif qu’ils sont “historiques” ou “légendaires” ? Comment définit-on ces deux termes, simplement en fonction du palmarès d’un pilote, de celui de l’équipe ? La question est bien évidemment complexe, mais si la NASCAR était partie dans sa voie d’autres numéros ne seraient plus utilisés.

Le numéro 43 associé à Richard Petty, ses sept titres et ses 192 victoires avec ce numéro (Il en a remporté deux avec le n°41 et six avec le n°42 – NDLR.) ferait également partie des numéros retirés. Que dire aussi du n°21 de la Wood Brothers Racing piloté notamment par David Pearson ou encore Cale Yarborough. Ces numéros ont tant fait l’histoire de la NASCAR que celles des équipes auxquelles ils sont associés, les retirer serait comme ôter une partie de l’histoire de ce sport et de ces équipes, ou du moins en faire abstraction.

Les propos tenus dans cet article sont ceux de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position d’US-RACING.

pulvinar venenatis, efficitur. adipiscing Phasellus Nullam Lorem mattis