Kurt Busch redore son image

Depuis qu’il a débuté sa carrière en NASCAR, Kurt Busch traîne une image d’enfant terrible, il faut dire que ces actions en piste ne plaident pas forcément en sa faveur. En participant à l’Indy 500 Kurt Busch a permis à l’opinion de changer et de renforcer son statut de pilote incroyable capable de piloter tout engin équipé d’un volant de quatre roues et d’un moteur.

Champion NASCAR Sprint Cup en 2004, Kurt Busch s’est aussi fait remarquer pour ses frasques, qu’elles soient sur ou hors piste. Capable d’insulter les journalistes, ou les policiers lorsque la situation ne lui est pas favorable, il a également quitté trois écuries de la Sprint Cup après avoir eu des problèmes avec des membres de celles-ci. Pourtant, cela ne l’empêchait pas d’être présent pour jouer les premiers rôles.

Mais Kurt Busch c’est aussi un pilote touche-à-tout qui a déjà roulé, outre dans les séries nationales de la NASCAR, en NHRA, en endurance américaine, mais aussi en IndyCar. Si en 2003 il avait participé à des tests sur le circuit routier de Sebring au volant d’une monoplace de Bobby Rahal dans ce qui s’appelait alors le Champ Car, ce n’est que l’an dernier que sa venue en IndyCar a pris de la consistance à l’occasion d’une séance d’essais privés organisés sur l’Indianapolis Motor Speedway.

Les essais effectués au volant d’une Dallara à moteur Chevrolet en 2013 étaient prometteurs, mais avaient la possibilité de rester sans lendemain. Pourtant, demain Kurt Busch prendra part à la 98ème édition de l’Indy 500 au volant de la monoplace n°26 de la Andretti Autosport, passée en Honda depuis ses premiers essais.




Kurt Busch a su convaincre des sponsors de le rejoindre dans cette aventure, puisqu’après l’Indy 500, il prendra le chemin de Charlotte pour participer aux Coca-Cola 600, la plus longue épreuve du calendrier de la NASCAR Sprint Cup. 1100 miles dans une même journée sur ces deux pistes, une seule personne a réussi à le faire, il s’agît de Tony Stewart en 2001, lorsqu’il s’était classé sixième à Indianapolis, puis troisième à Charlotte, malgré être parti dernier pour avoir manqué le briefing des pilotes puis être parti à la faute dès le deuxième tour des Coca-Cola 600. Robby Gordon et John Andretti s’y sont aussi essayés, mais aucun d’eux n’a réussi à terminer les deux courses le même jour dans le tour du vainqueur.

Compétitif depuis le début des essais il y a deux semaines, Kurt Busch l’a aussi été lors du Rookie Orientation Program, un test obligatoire pour tout rookie à l’Indy 500 afin de s’assurer qu’il est capable de rouler à une certaine vitesse et ne pas être un danger pour ses trente-deux adversaires une fois le drapeau vert brandi.

Certes Kurt Busch s’est mis dans le mur lundi en milieu de séance lorsqu’il a perdu le contrôle de sa monoplace dans le virage n°2, le plus difficile à appréhender du tracé, mais il a impressionné plus d’un observateur. Oui pour sauver sa monoplace, il a eu le réflexe de sur-corriger, comme il le fait au volant d’une voiture de NASCAR, mais il a accepté sa faute et s’est remis au travail avec humilité. Le meilleur des débutants à Indy en qualifications (Il est le deuxième meilleur rookie derrière Carlos Muñoz, qui avait participé à l’épreuve l’an dernier – ndlr.) peut compter sur des coéquipiers d’expérience avec Marco Andretti, deuxième de l’Indy 500 2006 et Ryan Hunter-Reay, champion 2012 de la série. Michael Andretti, son patron en IndyCar peut également lui glisser quelques conseils avertis.

“J’ai encore beaucoup de choses à apprendre”, confie avec humilité Kurt Busch. “Qui sait, tout peut arriver. Nous avons bien eu une victoire de Trevor Bayne aux Daytona 500 il y a deux ans (C’était en 2011 – ndlr.) de celà.”

En étant aussi compétitif au volant d’une monoplace d’IndyCar, Kurt Busch fait également des émules puisque des pilotes comme Jeff Gordon, Jimmie Johnson ou encore Parker Kligerman ont pris des renseignements sur la participation de Kurt Busch à la course la plus importante dans le monde de la monoplace.

Contrairement à ceux qui ont tenté le doublé Indy 500 Coca-Cola 600 ces dernières années, Kurt Busch est le premier à venir de la NASCAR pour relever ce défi et doit donc s’adapter à la conduite sur ovale au volant d’une monoplace, bien différente de ce qu’il a connu au volant d’une NASCAR. En effet, que ce soit John Andretti, Robby Gordon ou encore Tony Stewart, tous trois ont roulé en IndyCar avant de venir en NASCAR et ne se jetaient donc pas totalement dans l’inconnue lorsqu’ils participaient à l’Indy 500.

À ce titre, le temps perdu lundi suite à l’accident pourrait s’avérer on ne peut plus préjudiciable d’autant que la séance se déroulait avec beaucoup de vent, ce qui requérait une concentration plus importante qu’à l’accoutumée. Ce sentiment est renforcé par les déclarations des pilotes à l’issue de cette dernière grande journée d’essais lors de laquelle ils déclaraient ne pas être satisfaits du comportement et des réglages effectués sur les monoplaces.

“Je commençais à me sentir bien dans la monoplace et j’ai baissé ma garde”, confiait Kurt Busch à la sortie du centre médical du circuit suite à son accident. Une erreur lourde de conséquence, puisque l’équipe n°26 n’a pas réussi à boucler tout son programme de tests avant la course.

Peu importe le résultat de Kurt Busch demain lors des 500 miles, il a acquis le respect des pilotes, mais plus encore il a récupéré celui des journalistes avec qui il a eu si souvent maille à partir ces dernières années.

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