Faut-il s’inquiéter de la méforme de Jimmie Johnson ?

Pour la troisième fois en autant de week-end Jimmie Johnson n’a pas rallié le top-10 en NASCAR Sprint Cup Series. C’est la troisième fois depuis 2009 que pareille mésaventure lui arrive. Si la malchance peut parfois être avancée dans les déboires de Jimmie Johnson, ce n’est pas le cas à chaque fois.

À Pocono Jimmie Johnson est allé dans le mur, non pas une, mais deux fois. Dans les deux cas c’est une crevaison qui a envoyé la Chevrolet n°48 du sextuple champion dans le mur extérieur. Si la première fois les dégâts étaient réparables, le second impact dans le mur a contraint l’équipe n°48 à abandonner pour la troisième fois cette année, troisième fois en quatre courses.

La malchance ne peut pas être pointée du doigt, pas à chaque fois

En NASCAR il n’y a qu’un seul fournisseur de pneumatiques, Goodyear. La firme basée à Akron dans l’Ohio fournit le même type de gomme à chaque équipe pour un week-end et préconise une gamme de pression recommandée. Cependant, les équipes sont libres de faire ce qu’elles veulent et ne pas suivre les directives de Goodyear.




Ainsi, la majorité des équipes choisit de diminuer la pression dans les pneumatiques ce qui a pour effet d’augmenter la vitesse d’une part, mais aussi de favoriser le phénomène de crevaison. C’est ce qui s’est passé ce dimanche avec Jimmie Johnson.

Une mauvaise série, mais pas la pire

Cela fait donc quatre courses consécutives que Jimmie Johnson n’a pas terminé dans le top-10. Entre tous ces abandons, il s’est classé quatorzième à Indianapolis il y a dix jours. Mais cette série de quatre courses consécutives hors du top-10, Jimmie Johnson l’a déjà faite et pas qu’une fois. Pourtant, dans cinquante pour cent des cas, il a été champion en fin de saison après de telles mésaventures.

Avant cette mauvaise passe, il faut remonter à 2013 et une quarantième place au Michigan suite à une casse moteur, enchaînée par une 36ème à Bristol, une 28ème sur la piste d’Atlanta et une 40ème à Richmond, pour voir Jimmie Johnson dans pareille situation. Malgré quatre courses catastrophiques avant l’ouverture des playoffs, cela ne l’avait pas empêché d’être champion en fin d’année.

En fin de saison 2011, Jimmie Johnson a conclu par des quatorzièmes places tant au Texas qu’à Phoenix, avant une trente-deuxième position à Homestead. Il avait ensuite ouvert la saison à Daytona en 2012 par un accident dès le premier tour et une quarante-deuxième place.

En 2008 Jimmie Johnson a remporté son troisième titre consécutif, devenant alors l’égal de Cale Yarborough, seul pilote avant lui à avoir enchaîné trois titres de rang, pourtant en milieu de saison, Jimmie Johnson est à créditer d’une treizième place à Talladega, d’une trentième à Richmond, puis de nouveau d’une treizième à Darlington avant une casse moteur à Charlotte et une 39ème place.

Lors de la saison 2006 Jimmie Johnson a décroché son premier titre de champion, pourtant cette année là ce n’est pas quatre, ni cinq, mais bien six courses consécutives qu’il a connues hors du top-10 avec une onzième place à Fontana, une vingt-troisième à Richmond, une 39ème à Loudon, une treizième à Dover, une quatorzième au Kansas et un accident à Talladega soldé par une vingt-quatrième place. Le tout à cheval sur la fin de la saison régulière et le début des playoffs.

L’année 2003 a aussi été marquée par une série peu faste de Jimmie Johnson et de l’équipe n°48 avec un accident et une trente-huitième place à Dover, une douzième place à Pocono, une seizième au Michigan, une dix-septième à Sonoma et enfin une dix-huitième à Daytona, pour cinq courses sans le moindre top-10.

Pour ses débuts en Sprint Cup entre 2001 et 2002 (Charlotte, Homestead, Atlanta, Daytona et Rockingham), Jimmie Johnson a aussi connu cinq courses sans top-10, mais ces épreuves n’étaient pas consécutives dans le calendrier.

Enfin, signalons que la période la plus noire de Jimmie Johnson reste sans contestation possible les trois casses moteur de rang à Indianapolis (trente-sixième), à Watkins Glen puis au Michigan (quarantième à chaque fois) dans le courant de l’été 2004. Avec le barème de points actuel Jimmie Johnson en aurait marqué dix-sept puisqu’il avait mené un tour sur le circuit routier de Watkins Glen.

Le Chase comme révélateur

Sauf blessure, Jimmie Johnson étant assuré d’être en playoffs, l’équipe n°48 peut se permettre de prendre des risques et de tenter des choses en vue du Chase. En effet, depuis le début de la saison, Jimmie Johnson n’a jamais semblé dans le dur et pire encore pour ses adversaires, il a gagné quand il a voulu à Charlotte, Dover puis au Michigan. Trois courses en l’espace de quatre semaines. Depuis, il est avec son équipe dans une sorte de léthargie avec des abandons à Daytona, Loudon et donc Pocono, à chaque fois sur accident.

Reste maintenant à voir quand l’équipe n°48 pressera le bouton pour passer en mode Chase. Si le premier round pourrait passer, même avec le niveau actuel de Jimmie Johnson et son équipe, pour les deux autres rounds il faudra en montrer plus. Cependant, avec Dover dans le premier round, Charlotte dans le deuxième, Martinsville et Phoenix, quatre pistes sur lesquelles le sextuple champion est à l’aise, bien présomptueux serait celui qui éliminerait d’ores et déjà Jimmie Johnson de la bataille finale.

commodo dolor. quis, dictum eget sit mi, luctus ultricies