Bientôt des femmes chef d’équipe ?

Cette semaine, dans le monde du sport américain il est difficile de passer outre la nomination de Becky Hammon au poste d’entraîneuse assistante chez les San Antonio Spurs en NBA. Si en NASCAR une femme a déjà été vue au poste de chef d’équipe, cela n’a jamais été le cas dans une écurie de pointe. Une situation qui pourrait évoluer dans le futur.

Ces dernières années des femmes pilotes arrivent en NASCAR. Emmenée par la médiatique Danica Patrick, d’autres jeunes femmes se sont essayées en NASCAR avec plus ou moins de succès. Johanna Long, vue en Nationwide jusqu’à la saison dernière travaille chez elle à Pensacola en Floride pour arriver en Sprint Cup. En K&N Pro Series ce sont Makena Bell et Kenzie Ruston qui s’affrontent course après course, cette dernière détenant le meilleur résultat pour une femme dans cette division avec une deuxième place lors de l’épreuve de l’Iowa le 1er août.

Si des pilotes femmes arrivent, cela tarde à venir du côté des chefs d’équipe.




S’il n’est pas rare de voir des femmes occuper un poste dans l’équipe de mécaniciens, les voir promues au poste de chef d’équipe ou de voiture est déjà beaucoup plus rare. Actuellement deux femmes jouent un rôle important dans les séries nationales et pourraient bien prendre du galon dans les années à venir, Andrea Mueller et Ashley Parlett.

Ingénieure en chef du Team Penske pour la structure n°22 en NASCAR Nationwide Series, Andrea Muller faisait déjà partie de cette équipe la saison dernière lors du titre propriétaire. Pour sa part Ashley Parlett est mécanicienne en charge des suspensions pour les équipes de Truck de la Turner Scott Motorsports. Elle a notamment occupé le rôle de chef d’équipe à la RAB Racing lorsque l’équipe faisait du start-and-park alors que la saison dernière elle était chef de voiture en K&N Pro Series East.

Toutes deux ont la passion de la course automobile dans leur sang et ont été pilotes, mais elles ont changé de voie pour passer derrière le muret des stands. Jointe par téléphone par notre confrère de Sporting News, Bob Pockrass, Andrea Mueller explique que son objectif n’est pas d’atteindre le poste de chef d’équipe, mais de monter en Sprint Cup.

“Ce que je veux le plus c’est de rester du côté de l’ingénierie, mais le faire en Sprint Cup”, commente l’ingénieur en chef du Team Penske en Nationwide. “Vous avez beaucoup plus de travail en tant qu’ingénieur de course et c’est ce que j’aime. J’aime le côté technique.”

Ashley Parlett a débuté sa carrière en NASCAR il y a dix ans lorsqu’elle s’occupait de la décoration du truck de Kelly Sutton. Elle était alors cantonnée dans les ateliers de l’équipe où elle a plus appris au niveau de la mécanique. Elle a ensuite évolué dans différentes petites équipes jusqu’à son poste au sein de la RAB Racing.

“Je veux devenir chef d’équipe un jour”, avoue la jeune femme de 31 ans (notre photo – ndlr.). “Comment est-ce possible sans diplôme d’ingénieur ? Je suis prête pour cela. Je ne sais pas si c’est possible, car beaucoup d’ingénieurs ont un diplôme d’ingénieur.”

Lorsque la RAB Racing s’est mise à faire du start-and-park de manière récurrente Ashley Parlett a choisi de quitter l’équipe pendant deux ans pour travailler une année dans une entreprise de freins puis l’année suivante sur les réseaux sociaux de Speed TV.

“Lorsque l’équipe a commencé à faire du start-and-park cela a tué mon rêve. Cela a détruit mon amour pour ce sport”, ajoute Ashley Parlett. “Cela m’a pris deux ans pour me rendre compte que j’aimais vraiment la mécanique.”

Si Andrea Mueller a étudié dans une école d’ingénieur celui lui a pris cinq ans entre le moment de son arrivée au sein du Team Penske (2007 – ndlr) et son accession à un poste d’ingénieur en chef et ce malgré son expérience acquise notamment au sein de la NASA.

La réussite de ces deux femmes suscite des vocations comme en témoignent les lettres et autres e-mails qu’elles peuvent recevoir. Elles savent aussi que beaucoup de jeunes femmes qui veulent faire ce métier sont déjà à pied d’œuvre sur les short track dans les séries locales à travailler sur la voiture de leur père ou de leur frère.

Richard Petty, qui engage des ingénieures depuis plus de dix ans se dit lui aussi favorable à l’arrivée de femme à ces postes et espère voir un jour des femmes au poste de chef d’équipe.

“Elles pourraient faire de très bonnes chefs d’équipe, notamment avec la technique d’aujourd’hui, car les chefs d’équipe n’ont pas vraiment les mains sales”, confie le pilote aux sept titres de champion en NASCAR Sprint Cup. “Ils prennent des décisions et ont des chefs de voiture et tout ça. Nous avions une femme à la Petty Enterprises il y a dix ou douze ans de ça, avant que tout le monde parle de la venue des femmes dans ce métier.”

leo. amet, ipsum elit. eget mattis facilisis pulvinar