Kuno Wittmer, un champion sans volant pour 2015

Sacré champion de la catégorie GTLM au volant de l’impressionnante Viper GTS-R SRT à l’issue de la saison inaugurale du Tudor United SportsCar Championship, le Québécois Kuno Wittmer a subi dans la foulée l’arrêt brutal du programme d’usine de Dodge à l’issue de l’année 2014. Le natif de Montréal s’est confié à US-Racing à l’issue de cette année riche en émotions en tous genres, qui le voit aujourd’hui sans programme pour 2015…

Kuno, est-il juste de dire que les Viper SRT n’étaient pas les favorites de la catégorie GTLM avant que ne démarre cette nouvelle saison ?


– C’est sûr, avec des équipes officielles comme Porsche, Corvette ou BMW, la tâche s’annonçait compliquée, mais nous avons frappé fort d’entrée en signant la pole position lors du premier rendez-vous de la saison, les 24 Heures de Daytona. Même si nous n’avons pas concrétisé en course (le trio Kuno Wittmer-Jonathan Bomarito-Rob Bell se sont classés 6e NDLR), nous avons prouvé que nous étions là.

Par la suite, ce fut un peu plus compliqué.


– Effectivement, suite à nos performances à Daytona, l’IMSA nous a enlevé de la puissance, par le biais des restricteurs. Ce fut surtout difficile à Long Beach, puis à Laguna Seca, mais nous avons également effectué énormément de séances d’essais pour nettoyer notre produit, la Viper, pour revenir à niveau sans rien demander à l’IMSA. L’équipe a aussi beaucoup travaillé les arrêts aux puits, nous étions d’ailleurs les plus rapides en fin de saison. Et notre travail a payé puisque nous avons signé un premier podium à Watkins Glen (3e) puis à Mosport (2e), avant notre première victoire à Indianapolis.

Cette première victoire de la saison à Indianapolis était-elle le tournant dans votre quête pour le titre ?


– Effectivement ce fut un moment fort. Je le mets d’ailleurs au même niveau que la pole position acquise au Canada, à Mosport. C’est à partir de Watkins Glen que l’on a commencé à y croire, et que Porsche, Ferrari et Corvette ont commencé à nous regarder comme de sérieux prétendants. Et puis à Austin, à l’avant-dernière course de la saison, nous avons signé une nouvelle victoire avec Jonathan, mon équipier depuis le début de saison, et Dodge a même signé un doublé puisque la seconde Viper GTS-R a terminé deuxième. Là, on a creusé l’écart et on a commencé à se dire que c’était possible.

Avant Petit Le Mans, manche finale de la saison, décision a été prise par les dirigeants de l’écurie SRT de vous séparer, Jonathan Bomarito et vous, et de vous placer dans deux voitures différentes pour maximiser les chances de titre. Comment avez-vous vécu cette décision ?


– En tant que pilote, ce fut très difficile. Jonathan est mon équipier depuis 2013, on s’entend très bien, et c’était compliqué à gérer. Sur un plan strictement professionnel en revanche, ce fut une décision particulièrement intelligente de l’équipe, qui nous a permis d’accroître nos chances de titre. Finalement je termine 3e, Jonathan 6e, et c’est moi qui suis sacré champion. Mais on reste humain et c’est encore difficile. Dans ma tête, on est champions tous les deux.

Une euphorie qui a fait vite place à une cruelle désillusion…


– Effectivement… Petit Le Mans s’est terminé le samedi soir, et lundi matin nous étions convoqués pour une annonce de la part de Chrysler. On ne savait pas de quoi il s’agissait, et on nous a finalement annoncé l’arrêt immédiat du programme Dodge Viper SRT. Ce fut un gros coup dur, d’autant que nous n’avions aucun signe de cet arrêt soudain… C’est difficile pour nous pilotes, mais je pense également à tous les employés qui se retrouvent aujourd’hui sans emploi.

Cette annonce vous a mis dans l’embarras en vue de 2015…


– Oui car la saison s’est achevée tardivement, en octobre, et les premiers essais pour les 24 Heures de Daytona, qui se dérouleront en janvier, sont déjà en cours de préparation. Je prendrai peut-être part à la course au sein d’une écurie privée, mais je n’ai pas eu le temps d’envisager un plan « B » pour l’an prochain.

Justement, quelles sont vos options pour 2015 ?


– A l’heure actuelle, je n’ai aucun volant pour 2015. J’ai quelques propositions, mais qui ne correspondent pas exactement à mon objectif, qui est d’évoluer dans un championnat international. Je regarde plusieurs options, en endurance mais également en supertourisme, et notamment le championnat WTCC que je trouve très attirant. Mais je pense surtout que l’année prochaine servira à me jauger, à prendre des contacts et à multiplier les expériences pour préparer au mieux la saison 2016…

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