Interview Pat Angeli / Philippe Chereau – Partie 2

À l’occasion de la retransmission de l’avant-dernière course de la saison, les Cam-Am 500 sur l’ISM Raceway, nous avons échangé avec Pat Angeli et Philippe Chereau, qui commentent l’intégralité de la saison de Monster Energy NASCAR Cup Series sur la chaine AutoMoto La Chaine. Cette seconde partie de l’interview est consacrée à leur histoire, celle de leur rencontre, de leur venue aux commentaires de la NASCAR sur Automoto La Chaine.

Pour l’ensemble des téléspectateurs d’Automoto La Chaine, vous êtes les représentant et les voix principales de la NASCAR en France.

  • Pouvez-vous vous présenter mutuellement ? comment vous êtes-vous rencontrés ?

Phil : On s’est connu on était dans la même ville (Dreux), dans les deux lycées opposés, dans les deux radios concurrentes. C’est comme cela que cela a commencé après, ma radio a pris un peu le pas, il était l’un des meilleurs de la radio concurrente, il nous a rejoint et on s’est connus comme ça. On a de suite sympathisé, on avait les mêmes goûts musicaux. La radio est montée (rejoint le groupe Fun Radio), j’ai eu mon bac, on a fait la même école ensuite, on avait la même bande de potes, on faisait du sport ensemble. On est vraiment issus de la même ville, de la même bande, de la même radio et on ne s’est pas quittés depuis. J’ai rejoint le groupe AB lorsque Pat m’a dit de venir aux castings, 500 personnes par jour, sur deux jours, tu avais une feuille avec quatre phrases avec une vidéo et « on vous rappellera, au revoir ».

  • Quand avez-vous connu, êtes-vous tombés dans le bain de la NASCAR ? et comment ?

Pat : On s’est connu en faisant de la radio (à Dreux), on a fait la même école de journalisme (Studio Ecole de France – Issy-Les-Moulineaux) puis on s’est séparé, Philippe étant parti dans les îles faire de la radio. Nous sommes restés en contact et lorsqu’il est rentré à Paris, je travaillais chez AB Sport, (le sport) qui est mon autre passion avec la musique, j’ai donc toujours voulu garder un pied dans ce milieu et c’était une petite chaine, donc plus facile d’y rentrer. J’y ai commenté du foot, du basket. Le groupe AB avait d’autres chaines, il y avait plein de documentaires à faire, tout était en train de naître et j’ai dit à Philippe de venir passer des castings. À partir de ce moment on a toujours bossé pour le groupe, mais sur des choses différentes, la NASCAR on la fait en commun. Il (Philippe) a fait d’autres trucs, comme le catch, on a fait des voix sur d’autres chaines.

Phil : Il y avait 20.000 h de programmes à faire, il y avait du travail.

 Pat : Ensuite ils ont acheté des droits de sport auto US, et la chaine est devenue AB Moteurs. Ils (la direction) m’ont demandé si je m’y connaissais, je ne connaissais pas trop mais j’ai essayé. J’ai commenté ma première course (en 1999-2000), c’était de la Truck Series, et c’est Rick Carelli (maintenant spotter d’Erik Jones) qui avait gagné. Lorsque deux ans plus tard la chaine m’a demandé si cela m’intéressait de commenter en direct, j’ai demandé à ce que l’on soit deux, comme pour le foot. On a donc commencé en 2003-2004 les directs, avant ce n’était que des résumés. Philippe a travaillé aussi sur le catch seul, parce que je n’avais pas le temps avec la radio à côté. On est des multi-lames, on aime la musique et le sport, Phil a plein d’idées, il a bossé sur des productions TV, il est organisé, ce qui est moins mon cas, je suis plutôt animateur/journaliste. Lui a le côté organisation que je n’ai pas.

  • Quel est ou sont les éléments qui expliquent cette amitié ?

Phil : Sa femme ! (rires)

  • Quels sont les éléments de votre relation, de votre façon de commenter les courses, qui selon vous, qui plaisent aux téléspectateurs ?

Phil : Je ne me pose pas la question. Moi j’ai toujours dit, c’est d’être le plus naturel possible. Si tu perds ton naturel, cala va finir par se voir, tu vas te prendre les pieds dans le tapis. Le micro, la caméra, ça décuple par 10 ce que tu dis. Même si tu dis quelque chose de pas méchant, le dire au micro ça peut être une bombe et si tu es trop gentil, tu passes pour un « neuneu ». C’est une loupe de faire de la radio ou de la TV. Je lis ce que les gens disent, mais on n’est qu’une valeur ajoutée, la star c’est le programme, c’est la NASCAR. Nous on doit faire la différence, on le fait de manière naturelle notamment parce que l’on se connait depuis très longtemps, c’est un avantage énorme. Je connais d’autres commentateurs avec qui cela ne le ferait pas. Il y a une alchimie entre nous, tant mieux et la différence se fait surtout lorsque la course est longue, peu passionnante.

Pat : Il n’y a qu’à lire ce que les gens postent sur les réseaux sociaux, il y en a (des téléspectateurs) qui sont arrivés par hasard, d’autres c’est le conjoint qui regardait et qui ont trouvé autre chose que des courses de voitures. On a trouvé de la complicité, des vannes à 2 balles, des choses qui nous font passer une bonne soirée, l’impression d’être avec nos potes. Et avec Facebook c’est une façon d’être entre eux (entre téléspectateurs), pas seulement avec nous et il y a des personnes qui s’ennuient un dimanche soir et qui se rassemblent autour de la course au lieu d’être séparés dans deux pièces ou sur le PC. On a accroché les fans de sport auto, mais aussi d’autres personnes de par la bonne ambiance. Il y a l’exemple d’une personne qui a envoyé un message, que j’ai posté, une histoire magnifique (cf. Message de Yohann du 6 Novembre, visible sur la page Fan Club de Pat & Phil).

  • Parmi les téléspectateurs et probablement également parmi les lecteurs de cette interview il y a probablement des fans de la discipline, plus ou moins jeunes qui pourraient avoir l’envie d’exercer votre métier, celui de commentateur sportif. Quel(s) conseil(s) pourriez-vous leur apporter ? Existe-t-il une formation adéquate ? une « voie royale » ?

Phil : Il n’y a pas de voie spécifique, mais les écoles de journalismes associés à des stages cela fonctionne. Il faut bosser, c’est surtout le point le plus important.

  • Vous avez pu vous rendre à plusieurs reprises aux États-Unis. Parmi les pilotes que vous avez rencontrés, qui est le plus sympa ? le moins cool ?

Phil : C’est compliqué, il n’y en a pas de vraiment pas cool. C’est un tout. Pour moi le plus sympa c’est Jimmie Johnson, vu son statut et sa disponibilité j’ai été impressionné.

Pat : Une fois, nous devions l’avoir et il y a eu mésentente entre notre contact à la NASCAR et son agent, une erreur d’horaire. On lui a dit que l’on venait de France, ils se sont démerdés et on l’a eu.

Phil : Une fois on a voulu faire son interview, Pat c’est son truc, il avait bien négocié.

Pat : Je suis allé voir des agents, j’ai eu des numéros de téléphones, j’ai eu l’agent de Jimmie Johnson, on ne pouvait pas l’avoir, on le voulait seul à seul, pas en conférence de presse, mais j’ai réussi à arriver au dilemme « si (Jimmie) Johnson gagne, on l’a en interview ». 

Phil : C’était aux Coca-Cola 600 (sur le Charlotte Motor Speedway), il a gagné, et l’agent a tenu sa promesse, à la fin de la conférence de presse, on a fait le plateau dans la salle de conférence, devant les autres journalistes. Globalement ils ont applaudi, ou pas pour les jaloux.

Pat : Je n’ai pas de pilotes pas sympas, ce que je regrette c’est le formatage des pilotes du fait de leur jeunesse. Les plus intéressants, ce sont les Busch, Gordon, Johnson qui réfléchissent plus à ce qu’ils vont dire, par rapport aux discours formatés.

Phil : Je suis d’accord avec Pat, cela dépend à quel moment tu arrives. On nous a vendu des mecs durs, comme Kyle Busch, ils ont été super cool avec nous ! En plus je suis toujours un peu décalé dans ma façon d’interviewer, mais cela s’est toujours bien passé.

  • Votre meilleur moment passé sur un week-end de course outre-Atlantique (en dehors des fameuses serveuses des restaurants des cartes postales) ?

Pat : L’histoire avec Jimmie Johnson (cf. question précédente) est pas mal, le resto de sushi à côté de Logano c’est pas mal non plus (en 2014). À Charlotte c’était sympa, les interviews on les a, avec notre contact, qui nous organise ça avec les agents mais on a réussi à en avoir sans personne dans un évènement organisé par Coca-Cola avec les pilotes NASCAR. Il y avait Tony Stewart, Greg Biffle, Austin Dillon et Joey Logano. On les a tous eu, à part Stewart. On s’est présenté, et on a réussi à avoir 5’ avec chacun ! Mais le bon souvenir c’est d’y être, simplement.

Phil : Moi c’est mon premier souvenir, d’entendre les 43 voitures démarrer à Daytona. Tu les as pendant les essais, mais là c’est différent. Je ne commentais pas à l’époque, mais j’y était pour un reportage et je me suis arrêté là-bas, Jr avait gagné, en 2004. Je vous (Pat et Christian Courtel – ndlr) avais appelé et j’avais fait 2-3 interventions en direct.

Pat : Il y a plein de petits souvenirs, dans l’infield de Daytona alors que l’on a fini de tourner, je me souviens que l’on allait à l’autre bout pour voir les petites tribunes intérieures, et on voit passe la famille Jimmie Johnson en vélo et qui nous salue.

Phil : Je me souviens aussi d’une fois ou j’ai pu interviewer Hulk Hogan sur une course de truck en 2004 et la dernière fois c’est avec John Cena. Ça fait le pont entre mes deux univers (le catch et la NASCAR – ndlr).

A suivre …

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