Interview Pat Angeli / Philippe Chereau – Partie 3

À l’occasion de la retransmission de l’avant-dernière course de la saison, les Cam-Am 500 sur l’ISM Raceway, nous avons échangé avec Pat Angeli et Philippe Chereau, qui commentent l’intégralité de la saison de Monster Energy NASCAR Cup Series sur la chaine AutoMoto La Chaine. Cette dernière partie de l’interview est consacrée à la diffusion de la NASCAR, d’un point de vue général ou du côté d’AutoMoto.

  • Le récent changement de nom de la chaine, AB Moteurs étant devenu AutoMoto La Chaine, change-t-il la façon de diffuser la NASCAR ?

Phil : Aucunement, au contraire, c’est juste un changement de nom (en fait un achat de licence d’exploitation du nom, ndlr), c’est une marque bien connue, synonyme de passion, d’expérience, tous les gens qui aiment les sports mécaniques connaissent la marque via l’émission. C’est une façon de dire que c’est un nouveau souffle, nous faisons partie d’un groupe qui grossi au niveau de l’Europe, MediaWan (qui a acheté le groupe AB en début d’année 2017, ndlr). C’est un moyen de renforcer la chaine avec de nouveaux programmes, de nouveaux rendez-vous, et de renforcer ceux qui marchent bien et la NASCAR en fait partie.

  • Quel est le coût de diffusion d’une saison de la première division de la NASCAR pour la France ? Est-ce que la NASCAR suit de près les audiences de la chaine ?

Phil : Je n’ai pas de chiffres, et ils ne seraient pas communiqués si je les avais. C’est rare de communiquer sur les coûts, et même pour les audiences car elles ne sont pas calculées au jour le jour (comme sur la TNT par exemple). C’est un prorata, les audiences ne sont pas précises, mais la NASCAR est l’une des très bonnes audiences de la chaine. La NASCAR est très satisfaite car nous diffusons le championnat en entier, et même lorsqu’il y a des reports de course ou des problèmes météorologiques. Je ne connais pas d’autre chaine spécialisée qui agit de la sorte, ou il n’y a pas de déprogrammation ou d’annulation, reports comme cela a pu être le cas par le passé. Nous sommes très fidèles, avec des prises d’antennes à l’heure, même s’il y a parfois des petits retards de 3-4 minutes. Avec 38 courses par an, je ne connais pas plus long championnat, et nous diffusons toujours en direct ou en différé lorsque les courses ont lieu la nuit en France. Nous sommes aussi des passionnés, nous aimerions aussi le faire en direct, mais il faut être raisonnable. Maintenant avec les réseaux sociaux nous pouvons interagir en direct, même lorsque la course est en différé, ce qui est un plus. 

  • Vous êtes les seuls présents à l’écran lors de la diffusion des courses, mais combien de personnes au sein du groupe travaillent sur la diffusion des courses de la première division de la NASCAR ?

Phil : Nous sommes une bonne quinzaine sur la chaine, entre nos amis turcs qui commentent, plus tout le personnel technique autour de la diffusion.

  • Quel investissement, temporel, demande la préparation de la diffusion d’une course ? Quels éléments préparez-vous avant de passer aux commentaires ? Quelles sont les outils à votre disposition pour récupérer des informations ?

Phil : C’est un travail quotidien, de suivi de l’actualité et le jour de course nous regardons les résultats des essais, les qualifications. Chacun travaille à sa méthode. Pat est plus sur Facebook, il y passe plus de temps la semaine.

Pat :Phil organise les voyages, moi je suis sur les réseaux sociaux. Il est plus organisé. C’est plus naturel pour moi la partie réseaux sociaux. Je choisi les informations, mais je ne peux pas tout mettre, cela serait un vrai travail à temps plein.

  • Lors de la diffusion des courses, quelles sont les données auxquelles vous avez accès ? Avez-vous uniquement le live timing ? un accès à d’autres informations ?

Phil : Non, nous avons accès aux données publiées sur les sites réservés aux journalistes, diffuseurs, nous avons accès aux mêmes informations. Ce qui intervient en plus c’est le choix éditorial, un traitement plus décalé de l’information mais un fait reste un fait, c’est le travail du journaliste.

  • Quel est le secret pour tenir 4 heures de commentaires tous les dimanches ?

Pat : Le secret est d’avoir toujours quelque chose à dire, d’intelligent ou une bêtise. Il y a des courses de 4 heures qui paraissent moins longues que d’autres de 3 heurs.

Phil : C’est selon la loi de la relativité, des courses de 3h peuvent en paraitre deux. On peut faire le parallèle avec un ascenseur. Si tu es dans ascenseur avec Claudia Schiffer, les 10 étages ça passe en un instant, par contre si tu y es avec Laurent Reix tu as l’impression que cela dure une plombe même pour deux étages. (rires)

  • Vous avez quelques jokers qui viennent commenter la NASCAR lorsque l’on de vous est absent. Avez-vous un petit mot, gentil ou pas, à leur adresser ? Je pense notamment à Adrien (Paviot).

Pat : Adrien a l’avantage d’avoir moins de backgroung, mais il pilote, il porte un autre discours.

Phil : ce n’est pas un grand pilote, mais il essaye ! (rires) Je le connais depuis longtemps, et puis cela permet de fidéliser le public avec quelqu’un qui apporte quelque chose de différent. Je suis très content de lui, il a débuté ses premiers commentaires chez nous. On lui a donné sa chance, on l’a testé, cela a fonctionné, puis il a travaillé pour plusieurs chaines. Il a fait son expérience, et maintenant il a pu revenir chez nous, et j’en suis satisfait.

Pat : c’est super qu’il ait aussi pu décrocher le contrat avec TF1 (pour les commentaires des courses de Formule 1, ndlr).

Phil :c’est un bosseur, un mec bien, cela a payé et c’est mérité.

  • Nous jouissons en France du privilège de n’avoir qu’une seule coupure pub sur l’ensemble de la course. Est-ce que cela va perdurer à l’avenir ? 

Phil : Il ne faut pas lire tout ce qui est écrit sur les réseaux sociaux, nous n’avons pas été rachetés par « l’ogre » TF1, nous avons racheté le nom AutoMoto à TF1, c’est différent. Quand bien même il y aurait plus de pubs, si cela permet de pérenniser la diffusion de la NASCAR nous n’aurions pas à nous plaindre par rapport aux américains (environ une vingtaine de coupures publicitaires en moyenne par course, ndlr).

Pat : Ce qu’il faut dire, c’est que nous sommes tributaires de nos patrons, ce n’est pas nous qui décidons, il ne faut pas nous en vouloir s’il y a plus de pubs, nous sommes des employés.

Phil : Si on me dit, on met plus de pubs c’est que cela marche (ie : plus de ventes d’espaces publicitaires).

Pat : lorsque je suis à la radio, s’il y a plus de publicités c’est qu’il y a des annonceurs qui achètent de l’espace, ce qui veut dire que cela rapporte, qu’il y a de l’audience. Il ne faut pas cracher dans la soupe, cela permet de rentabiliser la chaine. Maintenant si l’on nous demande de passer de la pub à chaque drapeau jaune on ne sera pas forcément contents. Par contre si l’on doit passer à deux publicités, on pourra la caler sur les pauses des segments, cela permet de faire une pause boisson ou pipi.

  • Comme beaucoup de fans, l’avant-course est un moment riche en émotions et lié au spectacle inhérent à la NASCAR. Est-il techniquement possible de profiter plus souvent des cérémonials (prières, hymnes, etc.) d’avant-course ?

Phil : C’est un choix de l’antenne, nous ne décidons pas de la prise d’antenne. Sachant que la NASCAR marche bien, il y a des programmes de calés juste avant, la NASCAR étant une belle vitrine pour ces derniers. D’avoir une fois de temps en temps le protocole de la NASCAR c’est sympa, maintenant nous sommes commentateurs sportifs. Le protocole est très américain, avec la prière, l’hymne, tout le monde n’est peut-être pas pour (pour les non croyants pas exemple). Si l’on le voit comme du folklore je dis oui, si c’est comme une obligation, cela me dérange.

Pat : Je rajouterais que c’est bien de le faire sur les courses spéciales, comme la finale par exemple. On essaye de prendre l’antenne 15 minutes avant la course, mais la NASCAR change parfois les horaires, et nous n’avons l’information que tardivement. Parfois on arrive avant la prière, l’hymne, parfois on arrive juste au moment du drapeau vert. Cela dépend à la fois des impératifs de la chaine (prise d’antenne) et de la NASCAR. Par contre pour les DAYTONA 500, Coca-Cola 600 ou la finale à Miami c’est intéressant de prendre l’antenne plus tôt pour profiter de l’avant-course. On fait déjà 4 heures d’antenne, il faudrait passer à presque 5 heures toutes les semaines, même pour les téléspectateurs cela peut être long.

Phil : Il ne faut pas oublier que la NASCAR est aussi dépendante des diffuseurs américains, en fonction de leurs pages de publicité.

Pat : En fonction de chaque intervenant, si l’on prend l’antenne quelques minutes plus tard et que la NASCAR avance le départ nous arrivons de suite au moment du drapeau vert ou juste après.

  • Dernière question. Vous interagissez avec les téléspectateurs, notamment via votre page Facebook. Comment est venue l’idée ou l’envie de communiquer par ce biais, pendant et en dehors des courses ?

Phil : on a commencé en 2004, avant Facebook. Lorsque l’on travaillait ensemble, on a eu une idée, en voulant communiquer avec nos téléspectateurs, un peu comme cela se fait à la radio par le biais des standards (à cette époque). Comme la chaine avait un site internet, on a demandé à l’informatique de faire un système d’interaction. L’idée a été d’envoyer des mails en direct, en cliquant sur un bouton. On recevait les mails en direct et on y répondait. Avec le développement des réseaux sociaux, nous sommes donc naturellement passés à Facebook. 

L’intégralité de cet entrevue peut être retrouvée sur US-Racing.com.

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