Roar Before The Rolex 24 : Porsche domine les essais

La grande répétition générale des Rolex 24 At Daytona a livré son premier verdict officieux : si la hiérarchie brute reste difficile à figer après trois jours d’essais, Porsche a imposé une présence constante au sommet du Roar Before The Rolex 24 sur le Daytona International Speedway. La marque allemande a mené quatre des six premières séances, a signé deux cartons 1-2-3 et a encore placé deux voitures aux deux premières places sur une autre session. Mais l’histoire la plus intéressante n’est pas uniquement celle des voitures usine. C’est aussi celle d’une Porsche 963 cliente, en configuration 2025, qui a bousculé la lecture du plateau GTP.

Porsche partout, et pas seulement avec Penske

La Porsche 963 n°85, version 2025, joue dans la même cour

La Porsche 963 n°85 de l’écurie JDC-Miller MotorSports a terminé dans le top 2 à trois reprises pendant le week-end, alors même qu’elle roule en spécification 2025, quand les deux voitures officielles Porsche Penske Motorsport (n°6 et n°7) disposent d’évolutions annoncées pour 2026. Le signal est lourd : sur un circuit comme Daytona, où l’efficacité aérodynamique, la stabilité en trafic et la capacité à remettre le pneu dans sa fenêtre comptent plus qu’un “coup” sur un tour, la 963 cliente montre une exploitation déjà très mature.

La performance de référence du dimanche matin est signée Nico Pino. Le Chilien de 21 ans a placé la n°85 en haut de la feuille en 1’37”099 (131,989 mph), au terme d’une séance 6 où Porsche a d’ailleurs signé un nouveau 1-2-3 en GTP. Au-delà du chrono, le choix de line-up intrigue : Pino (21 ans), Tijmen van der Helm (21 ans) et Kaylen Frederick (23 ans) constituent la formation la plus jeune du plateau GTP. À Daytona, où l’expérience en gestion de trafic et en relances nocturnes est souvent une assurance-vie, c’est une prise de risque calculée, mais déjà crédible au chronomètre.

Penske reste la référence structurelle, mais la concurrence se rapproche

Derrière la n°85, la séance 6 a vu Kevin Estre (Porsche 963 n°6) et Felipe Nasr (Porsche 963 n°7) compléter le triplé. Puis les Cadillac Wayne Taylor Racing (n°10 et n°40) et les BMW M Team WRT (deux BMW M Hybrid V8) ont suivi, avec un fait qui résume la densité actuelle du GTP : les sept premières voitures se tiennent en 0”474. Sur 24 heures, cela signifie que la hiérarchie se construira d’abord sur l’exécution, la propreté en trafic et la capacité à éviter les pénalités, bien plus que sur la seule vitesse pure.

LMP2 : United Autosports verrouille la base de travail

En LMP2, l’écurie United Autosports USA a clairement posé des repères, sa Oreca 07-Gibson n°2 menant la catégorie quatre fois sur les six premières séances. Dimanche matin, Ben Hanley a encore été la référence en 1’40”101. Sur un Roar, cette répétition compte : elle indique une voiture facile à remettre dans sa fenêtre de performance, ce qui devient un atout majeur quand la course te force à relancer sur un pneu refroidi, parfois sous drapeau jaune, parfois en trafic dense.

GTD PRO : la Mercedes n°75 empile les meilleurs temps et assume un équipage “stars”

En GTD PRO, la Mercedes-AMG GT3 n°75 de l’écurie 75 Express a mené la classe pour la quatrième fois du week-end, et cette fois avec Kenny Habul (également propriétaire) au volant, auteur du meilleur tour GTD PRO du Roar à ce stade : 1’47”530. L’équipage est l’un des plus médiatiques de l’hiver, avec Chaz Mostert (champion Supercars) et Will Power (double champion IndyCar) pour encadrer Habul, tandis que Maro Engel complète la formation. Ce genre de composition n’a de valeur que si l’écurie tient une discipline opérationnelle parfaite sur 24 heures, mais la vitesse affichée dès le Roar place déjà l’équipe dans la conversation.

GTD : Ford en mode “évidence” avec deux Mustang au sommet

Le week-end a aussi validé un message clair en GTD : la Ford Mustang GT3 est une des voitures les plus constantes du plateau en début de saison. Dimanche matin, Joey Hand (pilote officiel Ford) a été le plus rapide en GTD avec la Mustang n°66 de l’écurie Gradient Racing en 1’47”421. Et au global, les Mustang n°66 (Gradient) et n°16 (l’écurie Myers Riley Motorsports) ont mené cinq des six séances en GTD. À Daytona, une GT qui se place vite dans sa fenêtre et qui reste stable quand la piste change est souvent une candidate naturelle au podium de classe, à condition de survivre aux neutralisations et aux aléas du trafic.

Un test qui a aussi basculé en phénomène média

L’IMSA a profité du Roar pour tester un format de diffusion inattendu : la séance de samedi soir a été diffusée en direct sur YouTube, sans annonce préalable, et l’audience a explosé (plus de 105 000 vues en direct, puis des dizaines de milliers supplémentaires ensuite). Le message est limpide : l’endurance américaine veut capter le public dès les essais, et Daytona reste l’aimant idéal quand le plateau GTP est aussi dense.

Et la passerelle avec la NASCAR : Allmendinger de retour dans un prototype

Parmi les histoires transversales, A.J. Allmendinger apporte un pont naturel avec la NASCAR. Vainqueur au général des Rolex 24 en 2012, il revient sur la grille en GTP avec l’Acura ARX-06 n°60 de l’écurie Acura Meyer Shank Racing w/Curb Agajanian, aux côtés de Tom Blomqvist, Colin Braun et Scott Dixon. Daytona rappelle ici une vérité simple : même pour une star habituée aux stock-cars, une GTP moderne demande une remise à niveau complète, tant la voiture est sophistiquée en procédures et en exploitation.

Ce qu’il faut retenir avant les Rolex 24 At Daytona

Porsche sort du Roar avec l’image d’un constructeur “présent partout”, mais l’enseignement le plus riche est peut-être la montée en puissance d’une Porsche cliente (JDC-Miller) et la densité d’un plateau où sept GTP se tiennent en moins d’une demi-seconde. La vitesse donne le ton, mais à Daytona, la course récompense la structure : stratégie, discipline en pit lane, gestion des pneus et absence d’erreurs en trafic