Michael Jordan savoure les Daytona 500 : “J’ai l’impression d’avoir gagné un championnat”

Une Victory Lane rare pour un homme qui a déjà tout gagné

On a beau avoir vu Michael Jordan célébrer des titres NBA, l’image a surpris par son intensité : sourire immense, accolades à répétition, euphorie presque incrédule. Dimanche, au Daytona International Speedway, l’icône du sport américain a vécu une émotion qu’il a lui-même mise au niveau d’un sacre. Quelques minutes après la victoire de Tyler Reddick (Toyota n°45 de la 23XI Racing) aux Daytona 500, Jordan a lâché une phrase qui résume le moment : “Ça me fait l’effet d’avoir gagné un championnat”.

Cette sortie n’a rien d’un simple effet médiatique. La 23XI Racing, cofondée en 2021 par Jordan et Denny Hamlin, avance depuis cinq saisons avec une ambition très claire : devenir une équipe de référence en la NASCAR, pas une curiosité portée par un nom. Les Daytona 500, plus qu’une victoire, est une validation symbolique du projet, parce que c’est la course qui définit une organisation dans l’imaginaire collectif, et celle où les erreurs de fin de course pardonnent le moins.

“Survivre” d’abord, frapper à la fin ensuite

Jordan l’a décrit comme un exercice de survie. À Daytona, même un propriétaire habitué aux dynasties comprend vite que l’issue ne dépend pas d’une domination statistique, mais d’une capacité à rester vivant, à éviter les mauvaises lignes, et à garder la voiture intacte jusqu’au dernier paquet d’aspiration. Dans ses mots, l’équipe a surtout fait ce qu’il fallait pour “se donner une chance à la fin”, avec une stratégie jugée propre et une exécution sans panique quand la course est partie en morceaux.

Le fait que Reddick n’ait mené que le dernier tour ajoute une couche très NASCAR au récit : sur superspeedway, la bonne place n’est pas forcément “devant” pendant 150 tours, mais “dans la bonne ligne” au bon moment. Pour la 23XI, ce scénario renforce l’idée d’une équipe devenue mature dans sa lecture de course, capable d’accepter de ne pas contrôler, tout en préparant le moment où il faut agir.

Herbst, l’homme de l’ombre : la mécanique du push qui fait basculer les Daytona 500

Dans la réaction de Jordan, un nom revient immédiatement : Riley Herbst. Le propriétaire insiste sur un point que beaucoup de téléspectateurs sous-estiment : à Daytona, une victoire se fabrique souvent dans la voiture de derrière. Jordan estime que Herbst “ne recevra pas assez de crédit”, tout en rappelant que l’équipe, elle, sait exactement ce qu’il a apporté. Reddick a lui-même expliqué qu’il ne gagne pas sans cette poussée décisive.

Techniquement, c’est tout sauf anecdotique. La “push-ability” a été le grand sujet de la semaine, plusieurs pilotes alertant sur l’instabilité des voitures lorsqu’elles sont poussées en ligne droite. Que la 23XI ait réussi, dans le money time, à produire une poussée propre, alignée, sans déclencher un tête-à-queue, raconte une maîtrise collective : spotter, confiance entre coéquipiers, et timing du bump draft.

Herbst termine d’ailleurs 8ème, meilleur résultat de sa carrière en Cup, après avoir franchi la ligne dans le chaos, preuve qu’il ne s’agissait pas d’un simple rôle de figurante.

Une équipe “à quatre voitures” qui a pesé

L’autre signal fort, c’est l’impact global du camp 23XI sur la course. Bubba Wallace a mené 40 tours et termine 10ème, tandis que Corey Heim, engagé comme quatrième voiture de l’organisation et rookie à cette échelle sur l’événement, boucle ses Daytona 500 inaugural en 28ème position. Même sans double top 5, cela raconte une structure capable d’aligner plusieurs autos crédibles dans le draft, avec une lecture commune des séquences de course.

Pour Jordan, cette dimension collective explique aussi l’émotion : il ne parle pas seulement d’un pilote qui gagne, mais d’un groupe qui se serre, se pousse, et transforme un final imprévisible en opportunité.

“J’attends ma bague” : la culture du champion appliquée à la NASCAR

Le clin d’œil est devenu viral : Jordan dit qu’il ne réalisera vraiment qu’en recevant sa bague. À Daytona, « The Ring » du vainqueur fait partie du rituel, et l’ironie est délicieuse à deux jours de son anniversaire. Mais derrière la blague, il y a une vérité : la NASCAR a sa propre culture de champions, et Jordan la vit désormais de l’intérieur. Le Harley J. Earl Trophy, la bague, la photo sur la Victory Lane, ce sont des symboles qui comptent autant que la victoire elle-même, parce qu’ils inscrivent la 23XI dans l’histoire de la discipline.