Chili Bowl 2026 : Christopher Bell arrache sa place en finale

Une semaine parfaite sur le papier, mais un jeudi soir nettement plus compliqué que le résultat

Christopher Bell n’a pas attendu longtemps pour remettre Tulsa à sa place dans sa hiérarchie personnelle. Jeudi soir, sur sa nuit qualificative des Chili Bowl Nationals au SageNet Center, le pilote de la NASCAR a remporté la “prelim” et s’est qualifié directement pour la grande finale du samedi. C’est une ligne de plus sur un palmarès déjà lourd, mais le scénario mérite d’être décortiqué : Bell a gagné, oui, mais il a surtout dû s’adapter à une course qui lui échappait encore à sept tours de l’arrivée.

Le contexte ajoute une couche intéressante. Bell vit sa première semaine dans le rôle de propriétaire de voiture au Chili Bowl, tout en menant de front son programme principal en NASCAR Cup Series avec la Joe Gibbs Racing. Il avait déjà lancé sa saison lundi en remportant l’O’Reilly Auto Parts Race of Champions depuis la pole. Jeudi, il a validé l’essentiel : un ticket direct pour la finale, donc une pression logistique et sportive nettement réduite pour la suite.

“Tout le monde était collé en haut” : la piste impose sa loi, Bell change de lecture au bon moment

Sur le plan purement sportif, Bell a été irréprochable sur l’ensemble de la soirée… jusqu’au moment où il a fallu aller chercher la course. Il remporte sa série, puis son “qualifier”, avant d’aborder la finale de 30 tours depuis la 8ème place sur la grille. À Tulsa, partir 8ème n’est pas un drame en soi, mais cela t’oblige à lire la piste en temps réel et à accepter que les opportunités viennent rarement “proprement”.

Devant, C.J. Leary, Ryan Bernal et Spencer Bayston ont longtemps verrouillé la course. Bell, lui, a passé une large partie de l’épreuve à limiter la casse, sans réellement réduire l’écart. Son propre diagnostic est clair : à rythme égal, il n’allait pas revenir. À sept tours du drapeau à damier, alors qu’il n’était encore que 5ème, un drapeau jaune a rebattu les cartes. Sans cette neutralisation, Bell reconnaît qu’il n’aurait probablement jamais eu l’ouverture nécessaire.

Et c’est là que la technique rejoint l’instinct. La relance remet tout le monde dans la même fenêtre d’attaque, mais la trajectoire dominante reste “en haut”, là où la majorité du plateau est engagée. Bell comprend qu’il doit casser le consensus : il se met à exploiter le bas, en ciblant les zones où la bordure devient piégeuse et où le haut du virage ressort moins bien, notamment en sortie du virage 4. Dans un midget indoor, ce détail fait la différence : si la voiture devant ne peut pas “dérouler” sa vitesse en sortie, l’aspiration sur la ligne droite devient une arme.

Après la première relance, Bell se hisse jusqu’à la 3ème place. Un nouveau drapeau jaune à cinq tours de l’arrivée l’installe enfin dans la zone de tir. Il dépasse d’abord Leary, engagé à Tulsa sur une voiture liée au pilote NASCAR Alex Bowman, puis se concentre sur Bernal. À trois tours du but, Bell plonge à l’intérieur en virage 1, prend la tête, et contrôle jusqu’au damier.

Un chiffre qui compte, et un objectif qui reste ouvert

Avec ce succès, Bell signe sa 9ème victoire de nuit qualificative au Chili Bowl, ce qui le met à hauteur de Kyle Larson dans cette statistique spécifique. Et surtout, il décroche une 11ème qualification pour la finale “Championship Feature” du samedi, un indicateur rare de constance dans un événement qui avale chaque année des candidats crédibles.

Malgré une semaine où il a franchi le damier en tête à chaque fois qu’il a été en piste, il estime que sa voiture n’est pas encore assez “facile” à conduire pour viser sereinement un quatrième trophée Golden Driller. Le message est limpide : la vitesse est là, mais la répétabilité, sur une piste qui change de texture d’une relance à l’autre, doit encore être stabilisée.