Days of Thunder 2 se précise : un scénariste dépêché dans les stands de la NASCAR pour relancer Cole Trickle

La rumeur revient régulièrement depuis des années, mais elle vient de gagner une épaisseur inhabituelle. Selon plusieurs sources recoupées dans les médias américains, un projet de suite de Days of Thunder progresse désormais dans une phase très concrète : un scénariste hollywoodien a été envoyé sur des épreuves de la NASCAR, et a déjà rencontré des équipes et des pilotes afin de nourrir une trame crédible. L’objectif est clair : préparer un retour de Tom Cruise dans le rôle de Cole Trickle, pilote fictif devenu, avec le film de 1990, l’une des représentations les plus célèbres de la NASCAR au cinéma.

Le signal est important parce qu’il sort du registre “on en parle” pour entrer dans celui du “on documente”. D’après les informations publiées, ce scénariste aurait assisté au week-end de finale à Phoenix en novembre, puis aux Daytona 500 en février, avant de prolonger l’immersion par des visites d’ateliers autour de Charlotte. Une démarche typique d’un projet qui veut éviter le cliché facile et retrouver ce qui a toujours fait la force de la NASCAR à l’écran quand c’est bien traité : la mécanique, la tension humaine, les décisions de course, et le poids des structures.

Le nom qui circule est celui de Will Staples, un auteur déjà crédité sur des projets d’action et de grandes franchises. Son profil colle à l’orientation logique d’un Days of Thunder 2 moderne : il ne s’agit pas de raconter une histoire “de course” au sens romantique, mais de traduire une industrie actuelle, plus technique, plus structurée, et parfois plus impitoyable dans sa gestion des détails. Il est aussi mentionné que tout le plateau n’a pas été sollicité, ce qui confirme une démarche ciblée, probablement centrée sur quelques équipes prêtes à ouvrir leurs portes, ou sur des profils pilotes capables d’expliquer une course au-delà des phrases de conférence de presse.

Du côté des parties concernées, la prudence domine. Ni la NASCAR ni Paramount n’auraient souhaité commenter publiquement cette étape de travail, une réserve classique tant qu’un scénario n’est pas verrouillé et qu’aucun calendrier de production n’est officiellement arrêté. C’est justement ce silence qui rend l’information intéressante : on ne cherche pas à vendre un film, on cherche à le fabriquer.

Pour comprendre pourquoi cette suite excite autant l’écosystème, il faut revenir à la place de Days of Thunder dans la culture NASCAR. Sorti en 1990, produit par Jerry Bruckheimer et distribué par Paramount, le film avait été conçu comme un spectacle grand public, mais avec un effort de réalisme rare pour l’époque, en intégrant des personnalités de la NASCAR et en s’appuyant sur des circuits et des environnements de course authentiques. Le récit suivait l’ascension de Cole Trickle, ses heurts avec le paddock, et la relation capitale avec son chef d’équipe. Même critiqué pour certaines ressemblances avec Top Gun dans sa mécanique narrative, le film a développé un statut particulier : pas forcément unanimement salué par la critique, mais durablement adopté par une partie des fans, au point d’être devenu une référence quasi obligatoire dès qu’il est question de NASCAR et de cinéma.

Sur le plan industriel, l’époque se prête étonnamment bien à une relance. L’automobile de compétition est redevenue un terrain narratif à haute valeur, à la fois pour la télévision et pour le cinéma, avec des productions qui cherchent désormais à vendre de l’authenticité, du détail, et des coulisses. Pour la NASCAR, une suite bien exécutée serait un outil d’image majeur, mais aussi un test : comment raconter une discipline qui a changé de visage, entre l’ère Next Gen, les systèmes de données, la guerre des stratégies et la tension commerciale des charters ? Un film qui se contente de reproduire les codes de 1990 manquerait sa cible. Un film qui assume l’évolution de la NASCAR peut, au contraire, toucher une génération qui consomme le sport autant via les récits que via la course elle-même.

Le défi est donc double. Il faut retrouver l’ADN émotionnel de Days of Thunder sans tomber dans la nostalgie automatique. Et il faut respecter ce que la NASCAR est devenue : un championnat où la performance se construit par la méthode, la répétabilité, la précision aux stands, le travail des spotters, la lecture aérodynamique du trafic et la gestion mentale d’une saison longue. Si la présence d’un scénariste sur les circuits se confirme, c’est précisément parce que ces éléments ne s’inventent pas. Ils se voient, s’entendent et se vivent.

À ce stade, il serait prématuré de parler de calendrier ou de casting au-delà de Tom Cruise, puisque rien n’est officialisé. Mais un fait ressort : Days of Thunder 2 n’est plus seulement une idée lancée dans une interview. C’est, désormais, un projet qui met ses chaussures dans la poussière des garages. En la NASCAR, c’est souvent comme ça que l’on reconnaît les choses sérieuses.