Nashville peut-il vraiment accueillir deux dates Cup ? Speedway Motorsports avance ses pions

Nashville redevient un dossier majeur pour la NASCAR

L’information relayée par les médias le 19 mars 2026 remet un sujet brûlant au centre du jeu : Speedway Motorsports considère que la région de Nashville peut accueillir deux rendez-vous de NASCAR Cup Series sur une même saison. Cette prise de position intervient alors que le Nashville Scene a récemment détaillé les implications sportives, politiques et immobilières d’un éventuel retour de la NASCAR au Nashville Fairgrounds Speedway.

En l’état, le Tennessee pèse déjà lourd dans le calendrier 2026 avec les Food City 500 du 12 avril et les Bass Pro Shops Night Race du 19 septembre sur le Bristol Motor Speedway, ainsi que les Cracker Barrel 400 du 31 mai au Nashville Superspeedway. Défendre l’idée d’une deuxième date Cup dans la zone de Nashville revient donc à valider un vrai pari de densité régionale.

Le Fairgrounds et le Superspeedway ne jouent pas dans le même registre

C’est sans doute l’élément le plus important. Le Nashville Fairgrounds Speedway est un short track historique, situé près du centre-ville, qui a déjà accueilli la Cup de 1958 à 1984, ainsi que la O’Reilly Auto Parts Series et la Truck Series. Le circuit reste vivant en 2026 avec des compétitions locales et l’ARCA Menards Series East. En face, le Nashville Superspeedway est un ovale en béton de 1,33 mile avec 14 degrés de banking, conçu comme une grande enceinte moderne et polyvalente.

Sportivement, cela signifie qu’une coexistence ne créerait pas forcément un doublon. Le Fairgrounds proposerait un produit court, urbain et patrimonial. Le Superspeedway conserverait sa logique de grande piste intermédiaire en béton, plus proche d’un rendez-vous national classique. Pour la NASCAR, l’intérêt serait donc moins de multiplier les dates que de multiplier les identités de course.

Le poids du foncier et de la politique locale

Le Nashville Scene rappelle que Panattoni a déjà acheté et développé 60 hectares autour du Nashville Superspeedway en 2018, et que la propriété de Speedway Motorsports dans le comté de Wilson a été évaluée à 87 millions de dollars en 2025. Cela nourrit l’idée qu’un retour du Fairgrounds pourrait aussi reconfigurer la valeur stratégique du Superspeedway, même si Speedway Motorsports minimise aujourd’hui cette lecture.

Reste surtout le verrou politique. L’accord dévoilé en 2025 autour du Fairgrounds comportait un financement de 30 millions de dollars, une nouvelle tribune, des limites de bruit, un parking et l’obligation d’accueillir au moins une course NASCAR tous les deux ans. Mais le dossier est désormais exposé à une possible bataille référendaire autour du Charter local, tandis que l’ancien pilote Neil Chaffin a lancé une contestation judiciaire contre la tentative de retirer la course automobile des activités garanties sur le site.

Ce que dit vraiment la sortie de Speedway Motorsports

Le fond du message est simple : Speedway Motorsports ne veut pas être enfermé dans l’idée d’un remplacement automatique de la date du Nashville Superspeedway. L’entreprise dit au contraire que le marché peut absorber deux événements Cup. À ce stade, rien n’indique qu’une nouvelle date ait été attribuée, ni qu’une course existante soit condamnée. En revanche, la discussion a changé de nature. Le retour du Fairgrounds n’est plus présenté comme une nostalgie impossible, mais comme une option crédible de structuration du calendrier futur.