Chicago Street Course : la malédiction continue pour Reddick

Une fois encore, Tyler Reddick s’est retrouvé dans le rôle du chasseur frustré sur la Chicago Street Course. Comme en 2024, le pilote de la Toyota n°45 a affiché une vitesse impressionnante en fin de course, sans pouvoir concrétiser.

Lors de ce Grant Park 165, c’est Shane van Gisbergen qui a mené la danse dans le dernier segment, jusqu’à ce que Reddick, monté en pneus plus frais, entame une remontée furieuse dans le peloton.

La neutralisation au tour 59 – provoquée par une urgence médicale nécessitant l’intervention d’une ambulance sur le circuit – a offert une opportunité stratégique au chef d’équipe Billy Scott, qui a alors basculé sur un plan à un seul arrêt.

Reparti au-delà du top 15 à moins de 15 tours de la fin, Reddick a enclenché le mode attaque. Mais un accrochage entre Ross Chastain et Joey Logano dès le restart suivant, au cœur des virages 1 et 2, a freiné son élan. Plusieurs voitures ont été endommagées, notamment celle de Ricky Stenhouse Jr., ce qui a provoqué un embouteillage et ralenti Reddick.

« On avait bien négocié le virage 1, mais les n°2, n°17 et d’autres ont eu des soucis. Stenhouse a été envoyé à l’extérieur dans le virage 2 et a visiblement cassé quelque chose à l’arrière gauche, ce qui a réduit sa capacité de freinage », expliquait Reddick. « On a alors perdu du terrain face aux n°19, 42 et d’autres qui étaient sur la même stratégie pneus. Il a fallu tout refaire. »

Malgré les bouchons et les défenseurs agressifs, Reddick s’est rapidement frayé un chemin vers le top 5. Il était en train de mettre la pression sur Ty Gibbs pour la deuxième place lorsqu’un dernier caution est survenu dans le tout dernier tour. Cody Ware a violemment tapé dans le virage 6 suite à l’explosion d’un disque de frein, figé dans les pneus de protection.

Le timing a offert une victoire inespérée à van Gisbergen, qui reconnaissait après la course que le rythme de Reddick l’inquiétait bien plus que celui de Gibbs.

« C’est Reddick qui me faisait peur », confiait SVG. « Il y avait une carcasse à la sortie du virage 6, mais pas de jaune pendant deux tours… J’ai cru qu’ils allaient tout faire pour finir la course avant que la pluie ou le drame s’invitent. Quand j’ai vu le drapeau blanc, j’ai passé deux virages et là le jaune est tombé. Un immense soulagement ! »

Pour Reddick, ce scénario rappelle amèrement celui de l’an passé. Certes, une place de mieux qu’en 2024, mais toujours cette impression d’avoir laissé passer une opportunité.

« Chaque année, c’est la même histoire ici », résume-t-il. « On a toujours eu l’avantage pneus en fin de course, mais on repart frustrés. En 2023, j’ai mis la voiture dans les pneus au virage 6… Cette fois, les six derniers tours étaient vraiment bons. Mais face aux voitures en difficulté qui bloquent, il faut être agressif. »

La troisième place finale permet à la 23XI Racing de signer son premier top 5 consécutif depuis l’été dernier, lorsque Reddick avait aligné trois podiums de suite entre Indy, Michigan et Watkins Glen.

Au classement, Reddick grimpe d’un rang et dépasse Christopher Bell pour la cinquième place du championnat. Il revient surtout à 48 points de William Byron, toujours leader, alors qu’il reste sept courses avant le début des Playoffs.