Ce qui change concrètement en 2026
Après plusieurs saisons à environ 670 chevaux sur la plupart des tracés, la NASCAR a confirmé une hausse de puissance pour 2026 sur les ovales courts et les circuits routiers, avec un objectif cible autour de 750 ch.
Les points clés du nouveau package :
- plus de puissance sur les ovales de moins d’1,5 mile et sur les routiers,
- un temps off-throttle plus important,
- davantage de gestion de la pédale de droite,
- une usure des pneus plus marquée sur les longs runs.
L’idée est simple : rendre le pilotage plus déterminant que l’aéro, redonner de la marge de manœuvre à ceux qui savent gérer leur voiture en limite de grip et amplifier les écarts entre un bon et un très bon run.
Les circuits concernés : là où la différence se fera
Même si tous les détails ne sont pas publics dans le moindre tour de roue, le principe est clair :
- ovales courts : Martinsville, Richmond, Bristol, Phoenix, North Wilkesboro, etc.,
- ovales intermédiaires courts : Loudon sort du calendrier, mais d’autres tracés proches de la limite 1,0–1,1 mile devraient entrer dans le lot,
- routiers : COTA, Watkins Glen, Sonoma, Indy sur routier ou son remplaçant, plus le nouveau tracé urbain de San Diego si la NASCAR le classe dans ce package.
Les superspeedways (Daytona, Talladega, Atlanta) et la majorité des 1,5 mile resteront avec un package spécifique pour des raisons de sécurité et de pack racing.
Pourquoi plus de puissance peut améliorer le spectacle
Avec la Next Gen, beaucoup de pilotes se sont plaints d’une sensation “d’étouffement” sur certains circuits :
- trop de grip,
- trop peu de différence entre “à fond” et “presque à fond”,
- trop de dépendance à l’air sale.
En augmentant la puissance, la NASCAR cherche à :
- forcer les pilotes à lever le pied dans les virages,
- faire davantage travailler les pneus,
- ouvrir la porte à des lignes de course différentes (intérieure/extérieure),
- multiplier les opportunités de dépassement en fin de relais, quand ceux qui ont trop attaqué paient l’addition.
Si le pari est réussi, les short-tracks et les routiers pourraient redevenir les rendez-vous les plus techniques de la saison.
Les profils de pilotes avantagés
Sur le papier, quelques catégories de pilotes devraient tirer profit du surplus de puissance :
- Les spécialistes de la terre et du sprint car
- Kyle Larson, Christopher Bell, Tyler Reddick, Kyle Busch ou encore Shane van Gisbergen ont l’habitude de gérer des voitures vivantes, qui bougent, avec beaucoup de puissance et peu de grip.
- Les gros freineurs et les rois du trail-braking sur routier
- SVG, Bell, Larson, Ty Gibbs : plus de puissance signifie aussi plus de travail au freinage, donc un avantage pour ceux qui ont une vraie école circuit.
- Les gestionnaires de pneus
- Sur des tracés type Richmond ou Phoenix, ceux qui savent laisser un peu de marge en début de run pour être plus forts à la fin devraient être récompensés.
À l’inverse, les pilotes qui bénéficiaient du package “compact” de 670 ch en se reposant sur l’aéro et la régularité pourraient se retrouver à découvert.
Quelles équipes ont le plus à gagner ?
Difficile de faire des pronostics définitifs avant d’avoir vu les premières courses 2026, mais on peut esquisser quelques tendances :
- Hendrick Motorsports : base technique très forte, pilotes capables d’exploiter le supplément de puissance (Larson, Byron).
- Joe Gibbs Racing : Bell et Gibbs sont à l’aise sur routier et courts ovales; Denny Hamlin (si la 11 reste au niveau de 2025) saura exploiter tout ce qui touche à la gestion du run.
- 23XI Racing : si Reddick retrouve son niveau 2024, l’augmentation de puissance peut lui redonner un avantage dans les phases de glisse contrôlée.
- Trackhouse : bonne base sur routier; l’adaptation de Connor Zilisch à une Cup plus puissante sera un point d’attention.
Un test grandeur nature pour la suite
Cette hausse de puissance n’est peut-être qu’une première étape. Depuis l’introduction de la Next Gen, une partie du paddock milite pour un retour vers des niveaux de puissance plus proches de l’ancienne génération de voitures.
Si le package 750 ch 2026 réussit à :
- améliorer la qualité de course,
- satisfaire pilotes et fans,
- rester sous contrôle en termes de coûts moteurs,
alors la NASCAR pourrait s’en servir comme base de réflexion pour une future évolution plus globale. 2026 ne sera pas qu’une saison de plus : ce sera un laboratoire à ciel ouvert.
