Chaque mois de janvier, les Chili Bowl Nationals powered by NOS Energy Drink ramènent le sport automobile américain à ses fondamentaux. Une piste indoor courte, du trafic permanent, une ligne haute qui se referme, une ligne basse qui n’existe que si tu la construis, et une vérité qui ne change jamais : à Tulsa, la vitesse ne suffit pas. Cette édition 2026 n’a pas fait exception, et l’intérêt côté stock-cars était maximal avec une présence massive de pilotes liés à la NASCAR, de Kyle Larson à Christopher Bell, en passant par Jesse Love, Ty Gibbs, Sheldon Creed ou encore Corey Day.
Tulsa comme révélateur
Le Chili Bowl n’est pas un simple “extra” hivernal. C’est un test de lecture de piste, de relance et de survie, avec des midgets qui punissent la moindre approximation dans l’angle d’attaque, la vitesse d’entrée, ou la façon d’enrouler le centre du virage. Ce n’est pas un hasard si des profils Cup et O’Reilly Auto Parts Series viennent se jauger ici : la discipline oblige à retrouver l’instinct et l’exécution, deux armes indispensables quand la saison de la NASCAR bascule sur des week-ends à forte volatilité.
Kyle Larson : ticket validé… puis sortie brutale en finale
Kyle Larson arrivait comme champion en titre, et il a démarré sa semaine comme un patron. Après une 7ème place lors des O’Reilly Auto Parts Race of Champions, il a remporté la préliminaire du lundi, remontant rapidement vers l’avant avant de contrôler une A Main de 30 tours sous pression. Des drapeaux jaunes en milieu de course, dont un provoqué après un contact avec la voiture retardataire de Gaige Weldon, ont ensuite “aéré” la piste et facilité sa gestion du clean air. Résultat, Larson valide sa place directe pour la grande finale du samedi.
Sauf que Tulsa ne respecte pas les scénarios écrits. En finale, Larson part de la pole, mais son samedi tourne court : sortie sur tonneaux après 15 tours, abandon immédiat. Dans un événement où l’objectif est justement d’éviter les mauvaises fenêtres de trafic, c’est un rappel brutal de la mécanique Chili Bowl : le moindre incident, même pour une référence absolue, annule une semaine de construction.
Christopher Bell : une semaine “propre” et un top 10 final
Bell, enfant du pays (Norman, Oklahoma) et triple vainqueur du Chili Bowl (2017 à 2019), a encore démontré sa capacité à maximiser une soirée. Il commence par gagner les O’Reilly Auto Parts Race of Champions, puis remporte la préliminaire du jeudi, en renversant la course dans le final après être parti 8ème. Cette victoire est sa 9ème en préliminaire dans l’histoire de l’épreuve, un chiffre qui résume à lui seul la régularité du pilote de la Joe Gibbs Racing quand la piste devient illisible.
En finale, Bell reste dans le bon wagon et termine 8ème, un résultat solide dans une course où le moindre contact peut envoyer une voiture dans la mauvaise trajectoire, puis dans le décor. Ce n’est pas le trophée, mais c’est une copie maîtrisée dans une discipline qui sanctionne la précipitation.
Jesse Love : 6ème… et un flip au damier
Champion 2025 de la NASCAR O’Reilly Auto Parts Series, Jesse Love faisait partie des profils les plus scrutés. Son vendredi est parlant : passage par un B Main qu’il gagne pour se qualifier, puis 6ème en A Main. Et comme Tulsa adore les images fortes, Love conclut en franchissant la ligne… puis en partant sur tonneaux dans le dernier tour, au moment même où le résultat est validé.
Sportivement, c’est intéressant : Love montre qu’il a le rythme et l’agressivité nécessaires pour exister dans le peloton, mais le Chili Bowl rappelle aussi le prix du moindre déséquilibre sur une piste qui se transforme à chaque neutralisation.
Gibbs, Yeley, Creed, Day : quatre lectures différentes du même piège
Ty Gibbs a signé une soirée “propre” mardi : 14ème en A Main après un parcours logique (remontée en heat, puis qualifier), un résultat qui dit surtout qu’il progresse dans un événement où l’expérience est une monnaie très concrète.
J.J. Yeley, lui, est un monument local. Trente tentatives, une histoire de remontée mythique en 2004, et une science des relances que peu possèdent. Mardi, il part sur la première ligne de la A Main, puis recule jusqu’à la 10ème place, preuve que même l’expertise ne protège pas quand la piste bascule de “roulante” à “mono-trajectoire”.
Sheldon Creed a vécu l’expérience Chili Bowl dans sa version la plus rude. Débutant dans l’épreuve, donc rookie à Tulsa malgré son vécu sur terre, il doit passer par le B Main, qu’il gagne pour atteindre la A Main, avant de ne pas voir l’arrivée. C’est presque un passage obligé dans ce format : l’événement récompense la capacité à sortir vivant des courses de repêchage autant que la vitesse pure.
Corey Day, annoncé pour sa première saison complète en NASCAR O’Reilly Auto Parts Series avec la Hendrick Motorsports, a livré une référence plus rassurante : 6ème en A Main mercredi. Dans ce contexte, c’est un signal fort, car Day combine déjà compréhension de la piste et discipline de course, deux ingrédients qui font souvent la différence quand la soirée se joue sur trois relances et une trajectoire qui se ferme.
Boschele, Johnson, Roulette : l’autre versant de la “pyramide” NASCAR
Gavan Boschele, engagé sur le programme ARCA et au volant d’une voiture appartenant à Kyle Busch, accroche la 8ème place de sa A Main mardi après être passé de justesse via le B Main. Jake Johnson et Ryan Roulette, tous deux en découverte, s’arrêtent plus tôt dans la chaîne (C Main). Là aussi, c’est la réalité du Chili Bowl : l’épreuve mesure la vitesse, mais surtout la capacité à éviter les embouteillages et à “lire” une piste qui évolue sans prévenir.
