Les Rolex 24 At Daytona : l’Acura n°93 récupère la pole, la Cadillac n°31 rétrogradée après inspection

À Daytona, la pole position ne garantit jamais un destin. Mais elle fixe un rapport de force, elle offre un premier contrôle du trafic, et elle sert surtout de marqueur technique. À deux jours du départ des 64èmes Rolex 24 At Daytona, la hiérarchie GTP a été bouleversée après le drapeau à damier de la séance qualificative : la Cadillac Whelen V-Series.R n°31 a été déclarée non conforme lors de l’inspection post-qualifications, libérant la pole pour l’Acura ARX-06 n°93 de l’écurie Acura Meyer Shank Racing w/Curb Agajanian.

Une pole retirée pour usure de patin : le détail qui fait tomber un tour parfait

La sanction est nette et immédiate. La Cadillac n°31 a dépassé la limite autorisée d’usure du rear skid block. Conséquence directe : Jack Aitken perd la pole et la voiture est replacée en fond de grille d’un peloton GTP à 11 voitures.

Ce type d’infraction n’est pas anodin, et il ne se résume pas à un “problème de contrôle”. Les patins et blocs de protection sont précisément là pour encadrer une zone grise de la performance : la hauteur de caisse et la façon dont le plancher travaille à haute vitesse. Sur le banking de Daytona, la voiture encaisse de longues phases en appui, puis bascule brutalement vers l’infield où les compressions et les transitions peuvent “taper” la voiture au sol. Quand une écurie cherche le maximum d’efficacité aérodynamique, chaque millimètre de garde au sol devient un compromis entre vitesse, stabilité et conformité.

Acura récupère la vitrine et le Motul Pole Award

Avec la disqualification de la Cadillac, c’est l’Acura ARX-06 n°93 qui hérite de la première place sur la grille, et Renger van der Zande décroche le Motul Pole Award. Son tour en 1’34”041 n’était “que” le 2ème chrono initialement, mais il devient la référence officielle. Pour le Néerlandais, c’est une pole à Daytona qui lui échappait depuis 2018, à l’époque où il roulait pour l’écurie Wayne Taylor Racing.

L’équipage de la n°93, composé de van der Zande, Nick Yelloly, Alex Palou et Kakunoshin Ohta, se retrouve donc en position idéale pour lancer la course : air propre, lecture immédiate du trafic, et surtout liberté stratégique sur le premier relais, un paramètre clé quand les températures évoluent vite entre après-midi, nuit et lever du jour.

La première ligne reste Cadillac, mais pas celle qu’on attendait

Cadillac conserve malgré tout une place en première ligne grâce à la Cadillac Wayne Taylor Racing V-Series.R n°40 : Louis Delétraz a signé 1’34”069, ce qui place la voiture à côté de l’Acura sur la grille.

Derrière, Felipe Nasr installe la Porsche 963 n°7 de l’écurie Porsche Penske Motorsport au 3ème rang en 1’34”183, dans une quête assumée de triplé consécutif à Daytona. La suite du top 8 souligne la densité de cette catégorie GTP : Tom Blomqvist place l’Acura n°60 4ème, Kévin Estre la Porsche n°6 5ème, Filipe Albuquerque la Cadillac n°10 6ème, et Nico Pino surprend au 7ème rang avec la Porsche 963 n°85 de l’écurie JDC-Miller MotorSports.

A Daytona, la pole compte moins que la trajectoire technique

En endurance, partir devant n’est pas un bouclier. Sur 24 heures, on reconstruit toujours, on perd toujours du temps, et on le regagne parfois d’un seul cycle de neutralisation. Mais cette affaire dit beaucoup sur le début de semaine.

D’abord, elle rappelle que la performance GTP 2026 se joue dans une fenêtre ultra étroite : les constructeurs cherchent la stabilité aérodynamique tout en absorbant les compressions du banking et les freinages lourds de l’infield. Le contrôle d’usure du patin agit comme une barrière technique : tu peux “poser” la voiture pour gagner de l’appui, mais tu dois le faire sans franchir le seuil.

Ensuite, elle offre à Acura une narration parfaite au moment où la marque vise un retour au sommet de les Rolex 24 At Daytona avec une structure qu’elle connaît et qu’elle a déjà menée à la victoire à Daytona ces dernières années.

Enfin, elle pèse sur l’exécution immédiate : pour la Cadillac n°31, partir derrière signifie devoir traverser un peloton GTP compact dès les premières heures, donc multiplier les dépassements en trafic et augmenter mécaniquement l’exposition aux incidents et aux pénalités. Dans une course où la discipline en pit lane et la propreté en dépassement valent parfois plus qu’un dixième au tour, c’est un handicap réel, même si l’épreuve laisse toujours le temps de revenir.

À noter aussi : une sanction en GTD PRO

L’inspection a également fait tomber une autre décision : la BMW M4 GT3 EVO n°1 de l’écurie Paul Miller Racing a été privée de son résultat en qualifications GTD PRO pour dépassement de la limite de carrossage, ce qui modifie la première ligne de la catégorie.