Un rendez-vous choisi, pas subi : Daytona comme point final
Jimmie Johnson a officialisé ce que beaucoup pressentaient depuis son retour partiel au volant : la 69ème édition des Daytona 500, en 2027, marquera son dernier départ en NASCAR Cup Series. La décision a été annoncée alors que le septuple champion du championnat est désormais surtout identifié comme propriétaire de LEGACY MOTOR CLUB, l’équipe qu’il veut faire passer dans une autre dimension sportive et structurelle.
Le symbole est fort. Johnson ne choisit pas une dernière apparition sur un circuit “confort” ou lors d’une course-hommage : il choisit Daytona, l’épreuve la plus prestigieuse et la plus imprévisible de la saison, celle qui n’accorde aucun droit à l’erreur et où la trajectoire d’une carrière peut se jouer sur une relance, une aspiration mal verrouillée ou un contact à 320 km/h. Johnson est déjà double vainqueur des Daytona 500 (2006, 2013), mais il veut que son adieu en Cup se fasse là où la NASCAR se raconte au grand public.
Le palmarès d’un géant… et un basculement vers le rôle de bâtisseur
Dans le communiqué relayé par l’équipe, la Legacy Motor Club rappelle l’ampleur du parcours : 83 victoires en NASCAR Cup Series, 7 titres (record partagé), et 19 saisons consécutives à temps plein au sommet. Johnson, intronisé au NASCAR Hall of Fame en 2024, a quitté la compétition à temps plein après 2020 pour se recentrer sur sa famille et de nouveaux projets, avant de revenir par touches, en pilote autant qu’en dirigeant.
Le point clé, c’est la logique derrière la retraite annoncée : Johnson explique vouloir concentrer son énergie sur la construction d’une organisation “world class” au sein de la Legacy Motor Club. En clair, le Johnson 2027 ne veut plus être tiraillé entre la préparation d’une course et la gestion d’un programme sportif complet, dans une NASCAR où la performance se gagne autant à l’usine, en simulation et en stratégie qu’à l’attaque dans le trafic.
Deux week-ends seulement en 2026, et une dernière danse en 2027
Avant ce clap de fin, Johnson maintient un programme limité : deux week-ends d’épreuves en 2026, à Daytona et lors de NASCAR San Diego. Cette approche “événementielle” confirme que son retour n’est pas un come-back classique, mais une présence ciblée sur des vitrines, où son expérience et son aura servent aussi la visibilité et les partenariats de la Legacy Motor Club.
Sportivement, l’idée n’est pas de faire de la figuration. Son meilleur résultat au volant pour la Legacy Motor Club est un podium aux Daytona 500, preuve qu’il a su retrouver des repères en Next Gen dans le contexte le plus instable du calendrier. À Daytona, quand le paquet impose sa loi, l’expérience de lecture des mouvements et la capacité à choisir les bons “alliés” dans l’aspiration peuvent compenser une voiture légèrement en retrait en performance pure.
Une retraite en Cup, pas une retraite du sport
Johnson ferme la porte de la NASCAR Cup Series après 2027, mais laisse ouverte la possibilité de courir ailleurs, y compris dans d’autres championnats ou d’autres disciplines. Son parcours récent rend cette nuance crédible : deux saisons en INDYCAR, rookie de l’Indianapolis 500 en 2022, et des participations à des épreuves d’endurance et événements spéciaux (Le Mans, Rolex 24). On est face à un compétiteur qui ne se définit pas par une seule ligne sur un calendrier.
L’arrière-plan émotionnel : l’adieu “volé” de 2020
Un élément pèse dans le ton de l’annonce : la saison 2020, censée être une tournée d’au revoir à ses fans, avait été perturbée par la pandémie mondiale. La Legacy Motor Club indique vouloir honorer correctement ce dernier départ en Cup en 2027, avec des détails qui seront communiqués plus tard. Dans une NASCAR où les adieux sont souvent des moments de communion, l’enjeu est de donner à Johnson ce que le calendrier 2020 n’avait pas permis : un vrai passage de relais, à visage découvert, avec le public.
En fixant Daytona 2027 comme point final, Johnson verrouille un récit : celui d’un champion qui ne se contente pas d’arrêter, mais qui choisit où et pourquoi il s’arrête. Et surtout, celui d’un propriétaire qui veut que la Legacy Motor Club gagne après lui, pas seulement avec lui.
