Chez Ganassi, la fuite des cerveaux

© Joe Skibinski/Penske Entertainment

Même les résultats exceptionnels de l’équipe n’auront pas convaincu certains employés de rester à la Chip Ganassi Racing. Trois figures techniques de l’écurie quitteront l’organisation à la fin de cette année 2026. Deux d’entres elles ont fait le choix de suivre Scott Dixon, en partance chez Arrow McLaren.

Tout d’abord, Chris Simmons, qui était dans l’écurie depuis les années 2000 et a remporté en tant qu’ingénieur de course trois titres d’IndyCar et deux 500 miles d’Indianapolis avec Dario Franchitti, et deux titres avec Scott Dixon. Il a également travaillé avec Tony Kanaan, actuel team principal d’Arrow McLaren.

Il était devenu en 2020 directeur de la performance de la CGR, qui s’est alors transformée en véritable machine à gagner : en sept saisons, six titres – un pour Dixon (2020) et cinq pour Palou (2021, 23, 24, 25, 26). Comme Scott Dixon, il devra attendre le 1er janvier 2027 avant de pouvoir franchir les portes de l’usine Arrow McLaren, en vertu d’une clause de non-compétitivité dans son contrat de la Ganassi. Ses connaissances du fonctionnement de la CGR seront quoiqu’il arrive un avantage majeur pour McLaren, qui cherche toujours à remporter les 500 miles d’Indianapolis, ainsi qu’un titre.

Deuxième départ chez McLaren, Ross Bunnell. Il a été en 2023 et 2024 l’ingénieur de course de Scott Dixon, avant d’être assigné à Felix Rosenqvist (Meyer Shank Racing) en vertu de la collaboration technique entre les deux équipes. C’est avec Rosenqvist qu’il a remporté les 500 miles d’Indianapolis, cette année à la photo finish face à David Malukas.

Dixon n’avait pas hésité à exprimer son mécontentement lorsque Bunnell l’avait quitté pour rejoindre la MSR. Ils seront finalement réunis pour travailler sur la monoplace n°6, avec Bunnell de retour au sommet du pit box. Lui aussi est contraint d’attendre le 1er janvier prochain pour poser ses valises chez McLaren.

Le troisième départ s’en va finalement vers la retraite. Julian Robertson (en photo ci-dessus), ingénieur de course d’Álex Palou depuis l’arrivée du Catalan dans l’équipe en 2021, avait été recruté par la Chip Ganassi Racing en 1993. Ensemble, Robertson et Palou ont remporté vingt-cinq victoires, cinq championnats et les 500 Miles d’Indianapolis.

En plus d’un nouveau directeur de la compétition, Palou devra donc aussi s’adapter à une nouvelle voix dans ses oreilles pour tenter de remporter un cinquième titre consécutif en IndyCar, ce qui serait un record.

La Chip Ganassi Racing sera donc bien différente la saison prochaine. Deux des cerveaux qui se cachent derrière le meilleur pilote de sa génération s’en allant, c’est même l’IndyCar toute entière qui pourrait vivre un chamboulement dans sa hiérarchie. Mais seul le temps nous le dira.