Denny Hamlin arrive à Indianapolis avec l’un des dossiers les plus solides de toute la grille et pourtant un vide évident dans son palmarès. En 17 départs sur l’ovale de 2,5 miles, le pilote de la Toyota n°11 a accumulé six top 5, neuf top 10 et 153 tours menés sans jamais remporter les Brickyard 400. Aucun pilote actif ne possède autant d’expérience ni autant de résultats de premier plan sur ce circuit sans avoir embrassé les briques.
Le meilleur pilote actuel sur la piste qui lui résiste
Le contraste est encore plus marqué en 2026. Hamlin mène le championnat, compte quatre victoires et reste sur une deuxième place à North Wilkesboro. Le groupe Toyota possède également plusieurs références récentes à Indianapolis : Chase Briscoe avait signé la pole en 2025 pour la Joe Gibbs Racing, tandis que la 23XI Racing avait placé Tyler Reddick deuxième en 2024 avant de gagner avec Bubba Wallace la saison suivante.
Hamlin n’a pourtant jamais réussi à transformer sa régularité en succès. Il a terminé quatre fois troisième aux Brickyard 400, ce qui résume parfaitement sa relation avec cette épreuve : toujours suffisamment rapide pour jouer devant, jamais dans la bonne position lorsque la course bascule. En 2024, il avait mené 21 tours avant d’être éliminé. En 2025, un accident en qualifications l’avait contraint à partir de l’arrière avec une voiture de réserve, avant une remontée jusqu’à la troisième place.
Une victoire qui dépasserait le simple prestige
Les Brickyard 400 ne représentent pas seulement une ligne manquante. Parmi les grandes épreuves de la NASCAR, Hamlin a déjà gagné trois fois les Daytona 500, trois fois les Southern 500 et une fois les Coca-Cola 600. Indianapolis reste la seule grande classique historique qu’il n’a pas remportée.
Le contexte du championnat donne encore plus de poids à cette occasion. Hamlin possède désormais une avance confortable dans la lutte pour la première tête de série de The Chase. Une victoire consoliderait cette position tout en supprimant l’une des critiques les plus persistantes autour de sa carrière : sa difficulté à convertir ses meilleures saisons en accomplissements définitifs.
Indianapolis reste cependant l’un des circuits les moins prévisibles du calendrier moderne. Le vainqueur n’a mené le plus grand nombre de tours que trois fois lors des dix dernières éditions. Les trois dernières courses disputées sur l’ovale se sont achevées en overtime. La vitesse ne suffira donc pas : la n°11 devra maîtriser la consommation, les neutralisations tardives et les relances.
À 45 ans, Hamlin n’a plus besoin de prouver qu’il peut être rapide au Brickyard. Il doit enfin transformer cette maîtrise incomplète en victoire. Dimanche, il ne jouera pas seulement une course supplémentaire : il tentera de fermer l’un des derniers dossiers encore ouverts de sa carrière.
