Le futur de l’IndyCar a effectué ses premiers tours de roue publics à Indianapolis. Alex Palou et Alexander Rossi ont pris le volant du prototype IR-28, le châssis développé par Dallara qui doit remplacer l’actuelle base technique à partir de la saison 2028.
Un prototype plus léger et plus moderne
Ces premiers essais constituent une étape importante pour une monoplace appelée à transformer l’identité technique de la discipline. Le projet vise notamment une réduction de poids d’environ 45 kilogrammes, une aérodynamique revue et une amélioration générale de la sécurité. Le cockpit doit aussi intégrer un affichage numérique capable de transmettre davantage d’informations au pilote et au public.
Palou et Rossi ont été choisis pour apporter deux profils complémentaires. Le pilote de la Chip Ganassi Racing représente la référence actuelle du championnat, tandis que Rossi dispose d’une longue expérience de l’IndyCar et de l’Indianapolis Motor Speedway. Les deux hommes ont effectué plusieurs heures de roulage afin d’évaluer le comportement général du prototype et de fournir les premières données aux ingénieurs de Dallara.
Les conditions météorologiques ont limité une partie du programme, mais elles ont aussi permis de découvrir la voiture sur une piste humide. Palou a souligné la sensation de légèreté et l’adhérence du nouveau châssis. Le quadruple champion s’est également montré impatient de poursuivre le développement sur le sec, où les performances et l’équilibre aérodynamique pourront être évalués plus précisément.
Deux années pour transformer l’IR-28
L’IndyCar dispose encore d’un calendrier de développement important avant les débuts prévus en 2028. Les premiers roulages servent avant tout à valider les choix fondamentaux, à identifier les faiblesses du prototype et à orienter les prochaines évolutions. D’autres pilotes et équipes devraient progressivement participer au programme afin de multiplier les retours.
Le remplacement de l’actuel châssis est attendu depuis longtemps. La base utilisée aujourd’hui a évolué à plusieurs reprises, notamment avec l’aeroscreen et le système hybride, mais elle demeure issue d’une génération lancée au début des années 2010. L’IR-28 doit permettre à la série de repartir sur une architecture pensée dès l’origine pour les exigences actuelles.
La réduction du poids sera l’un des éléments les plus observés. L’ajout des équipements de sécurité et de l’hybridation a progressivement alourdi les voitures, avec des conséquences sur leur comportement dans les virages lents et sur les contraintes imposées aux pneumatiques. Une monoplace plus légère pourrait améliorer les changements de direction, les distances de freinage et la qualité des batailles en piste.
Il reste toutefois trop tôt pour juger le niveau de performance réel du prototype. Les configurations définitives, les éléments aérodynamiques et plusieurs composants peuvent encore évoluer. Ces premiers tours à Indianapolis ne constituent donc pas une présentation finale, mais le début d’une phase d’apprentissage qui doit durer près de deux ans.
Pour l’IndyCar, l’enjeu dépasse la seule vitesse. L’IR-28 devra être plus sûre, spectaculaire, économiquement viable pour les équipes et suffisamment adaptable pour les ovales, les circuits routiers et les tracés urbains. Les premières impressions positives de Palou et Rossi offrent un point de départ encourageant.
