La trajectoire de Simona de Silvestro vient d’ajouter une ligne que même le paddock IndyCar n’aurait pas osé écrire il y a quelques années. L’ancienne pilote d’IndyCar a officiellement validé sa qualification pour les Jeux olympiques d’hiver 2026 et représentera l’Italie en bob féminin, avec un programme annoncé en monobob et en bob à deux.
Née en Suisse, de Silvestro courra sous couleurs italiennes au titre de son héritage familial. Elle est annoncée en bob à deux aux côtés de Giada Andreutti. Les Jeux 2026 sont prévus du 6 au 22 février, l’Italie étant pays hôte (Milan Cortina).
Un virage olympique devenu concret
Après avoir roulé en IndyCar, en Formula E et en Supercars, de Silvestro va désormais “toucher la piste” version glace aux Jeux, avec un passage assumé vers le bob.
Ce n’est pas une lubie de dernière minute. Son projet olympique remonte à 2022, lorsque son objectif “Milano Cortina 2026” a commencé à être documenté publiquement dans l’écosystème olympique et au-delà.
De la course auto au bob : ce qui se transfère vraiment, et ce qui ne pardonne pas
La partie “pilotage” existe, mais elle est comprimée
Le parallèle facile consiste à dire qu’un bob “se conduit”, donc qu’une pilote automobile a un avantage naturel. C’est partiellement vrai. Dans le bob moderne, la pilote doit lire la trajectoire, anticiper les enchaînements, absorber les variations d’appui et surtout éviter les micro-corrections parasites qui cassent la vitesse. Ce sont des réflexes proches d’une approche “propre” en monoplace, où la performance se perd souvent par excès de volant plutôt que par manque d’attaque.
Mais la différence majeure, de Silvestro l’a elle-même formulée dans un entretien long format : en bob, tu n’as pas de moteur, et la phase de départ conditionne tout. En clair, ce n’est pas seulement un exercice de précision, c’est aussi un sport explosif où la vitesse maximale ne rattrape pas une mise en action moyenne.
La vraie rupture : le départ comme “tour de qualif”
Le monobob a une particularité impitoyable : la fenêtre d’exécution est courte, et les écarts naissent très tôt. Là où une course auto laisse parfois le temps de construire un rythme, le bob te demande d’être parfaite immédiatement. C’est l’inverse d’un long relais en IndyCar. Cela explique pourquoi de Silvestro a mis l’accent sur la préparation physique spécifique, orientée explosivité, un registre beaucoup moins central dans une carrière de pilote.
Un choix d’équipe qui raconte une stratégie
Le fait d’annoncer un bob à deux avec Andreutti n’est pas un détail “administratif”. Dans cette discipline, la cohérence d’équipage est aussi une question d’automatismes, de synchronisation au départ et de stabilité dans la poussée. Si l’Italie veut être plus qu’un pays hôte “présent”, elle doit aligner des duos capables de répéter un départ propre dans la même fenêtre d’intensité. Sur ce point, l’expérience de de Silvestro dans des environnements très procéduraux (IndyCar, endurance, programmes usine) pèse.
Une carrière déjà atypique, qui aide à comprendre le saut
Le CV de la pilote est d’une rare diversité : six Indianapolis 500, six Bathurst 1000, une expérience solide en Supercars, et un parcours complet en monoplace. Rookie de l’année en IndyCar/Indy 500 en 2010, puis première femme à marquer des points en Formula E pour la structure Andretti (Long Beach 2016).
Ces repères expliquent pourquoi son passage sur glace est crédible. De Silvestro a toujours été une pilote “d’adaptation” : changer de plateformes, intégrer vite, et exister dans des disciplines où la marge d’erreur est faible. Le bob est exactement cela, mais en version condensée et brutale.
