Brad Keselowski n’a pas raté les Speedweeks par choix. Huit semaines après une opération pour une fracture du fémur droit, le co-propriétaire et pilote de la Ford n°6 de la RFK Racing a repris le chemin du garage de Daytona… canne à la main. Et si la NASCAR l’a médicalement autorisé à rouler, Keselowski ne fait pas de cinéma : il admet qu’il pourrait avoir besoin d’un relief driver pendant les Daytona 500, et que le Circuit of The Americas, dans deux semaines, représente un défi encore plus problématique physiquement.
L’accident : une chute sur la glace en vacances de ski
L’origine du problème est un incident hors piste : lors d’un séjour en famille, Keselowski a glissé sur une plaque de glace le 18 décembre et s’est fracturé le fémur. Il décrit la douleur comme “de loin la pire” de sa vie, avec une comparaison très brutale sur l’amputation en temps de guerre qui illustre la violence immédiate de la blessure.
Ce n’est pas un pilote étranger aux retours express. En 2011, il avait déjà gagné à Pocono quelques jours après une fracture de la cheville. Mais il le dit lui-même : un fémur, ce n’est pas une cheville. Et sur une Next Gen, les impacts sur les bosses, l’appui latéral et les transferts de charge au freinage font travailler la jambe en continu.
Daytona “gérable”, COTA “inquiétant”
L’avantage de Daytona, pour un pilote diminué, c’est qu’une grande partie de la vitesse se fait en charge aéro, volant relativement “léger”, avec moins d’effort de freinage que sur un road course. Keselowski explique clairement que le format Speedweeks et la montée progressive de l’intensité l’aident, mais il reconnaît aussi qu’il n’est pas certain de pouvoir tenir un effort total “si c’était aujourd’hui”, en parlant du COTA.
Traduction technique : à COTA, on additionne freinages lourds, talon-pointe (ou équivalent en technique moderne), compressions, vibreurs et relances. Sur un fémur en convalescence, c’est un cocktail qui peut “vider” physiquement bien avant la fin de course.
Relief driver : une assurance, pas un aveu de faiblesse
Keselowski ne ferme aucune porte pour les Daytona 500 : s’il sent qu’il “retient” son équipe ou qu’il n’est pas en mesure de donner 100%, il sortira. C’est une phrase importante parce qu’elle dit deux choses : d’abord, il revient pour courir, pas pour “faire un tour”. Ensuite, en tant que co-propriétaire, il a une responsabilité supplémentaire : protéger l’exécution de l’équipe.
Reuters précise que David Ragan se tient prêt à prendre la piste pour Daytona, et que la RFK a également anticipé un scénario COTA avec un autre remplaçant potentiel en la personne de Joey Hand.
La canne “brandée” : détail léger, message très sérieux
Le paddock a aussi retenu un détail presque comique : Keselowski a assumé la canne en y ajoutant des autocollants de sponsors. Une manière de couper court aux moqueries, mais aussi de rappeler que la NASCAR, même dans la douleur, reste une industrie où l’image et l’activation comptent.
