La première édition du HSR NASCAR Classic au Mans a offert une démonstration spectaculaire de la capacité du patrimoine de la NASCAR à voyager. Sur le circuit de la Sarthe, Andrew Jordan a remporté le classement général après avoir gagné les deux courses du dimanche au volant d’une Toyota Camry 2013 aux couleurs de PEAK. Le week-end avait pourtant commencé par une victoire de J.C. France, petit-fils du fondateur Bill France Sr., dans une Chevrolet Camaro 2014 décorée comme la voiture Garage 56.
Andrew Jordan transforme une panne en revanche
Jordan aurait pu dominer les trois manches. Samedi, il menait encore dans le dernier tour lorsque sa Toyota s’est immobilisée sur un problème mécanique. J.C. France a alors récupéré la première place, donnant à cette ouverture un scénario presque écrit pour l’histoire : un membre de la famille fondatrice s’imposait au Mans avec une voiture rappelant l’engagement expérimental de 2023.
Le Britannique a répondu dès le lendemain. Il a remporté la deuxième course devant un plateau où figurait notamment Kurt Busch, monté sur le podium au volant d’une Dodge Charger. Jordan a ensuite gagné la troisième manche et sécurisé le classement général. Sa Camry reprenait l’identité d’une voiture autrefois utilisée par Clint Bowyer avec la Michael Waltrip Racing.
Trente-cinq voitures racontent plusieurs générations
L’intérêt du rendez-vous dépassait les résultats. Trente-cinq stock-cars historiques avaient traversé l’Atlantique, avec des modèles couvrant plusieurs époques de la NASCAR. Le public français a ainsi découvert des voitures de Cup reconnaissables, mais replacées dans un environnement très différent des ovales américains.
Le tracé de 13,626 kilomètres a aussi donné une nouvelle lecture de ces machines. Les longues lignes droites ont mis en valeur leur puissance, tandis que les freinages et les portions rapides ont rappelé que ces voitures n’étaient pas conçues uniquement pour tourner à gauche. La présence de Kurt Busch, champion 2004 et membre du Hall of Fame, a renforcé le lien entre démonstration historique et compétition réelle.
Le Mans confirme une stratégie internationale crédible
Ce succès arrive trois ans après le projet Garage 56, qui avait déjà replacé la NASCAR au centre de l’attention européenne. Cette fois, l’objectif n’était pas de confronter une Next Gen aux prototypes modernes, mais de faire vivre l’histoire du stock-car devant un autre public.
L’expérience montre qu’une expansion internationale ne passe pas forcément par une course officielle de Cup hors des États-Unis. Les événements historiques peuvent servir de porte d’entrée, transporter des voitures emblématiques et raconter les équipes, pilotes et sponsors qui ont construit la discipline.
Andrew Jordan repart avec le trophée, mais le résultat le plus important est collectif. Le premier NASCAR Classic au Mans a prouvé que le patrimoine américain pouvait produire un vrai spectacle sportif en Europe, sans perdre son identité.
