Kyle Larson n’a pas verrouillé le championnat à Martinsville, mais sa neuvième place lui laisse une avance considérable avant la dernière course. Le pilote de la Hendrick Motorsports compte désormais 67 points de marge sur Christopher Bell et 70 sur Denny Hamlin, ses deux derniers adversaires mathématiquement en lice. À Homestead-Miami, neuf points lui suffiront pour assurer une troisième couronne, soit une 28ème place s’il ne marque aucun point de segment.
Une stratégie qui a failli coûter beaucoup plus cher
Le dimanche de la Chevrolet n°5 a commencé par une mauvaise lecture du premier segment. Cliff Daniels a choisi de prolonger le relais sans arrêt, comme l’équipe de Hamlin. Sur des pneus usés, Larson n’a pas pu résister aux voitures chaussées de gommes plus fraîches. Il a terminé ce segment 23ème, à un tour, sans même être en position de récupérer immédiatement son retard grâce au Lucky Dog.
Le retour dans le tour du leader a demandé de la patience. Larson a manqué plusieurs occasions avant de bénéficier de la neutralisation provoquée par les tête-à-queue de Bell et Hamlin dans le deuxième segment. La situation avait quelque chose de paradoxal : un incident entre ses deux principaux poursuivants lui offrait justement la possibilité de remettre sa propre course sur les rails.
La suite n’a pas transformé la n°5 en candidate à la victoire. Larson a progressé au fil des séquences d’arrêts et terminé neuvième, de nouveau à un tour à l’arrivée. Le contraste était net avec ses équipiers William Byron et Chase Elliott, auteurs du doublé décrit dans notre compte rendu des Xfinity 500. Pour le leader du championnat, l’objectif du jour était cependant devenu de limiter les pertes.
Une avance protégée, une dernière course à exécuter
Larson arrivait avec 73 points d’avance sur son poursuivant le plus proche. Cette marge n’a diminué que de six unités, malgré l’absence de points de segment et une course laborieuse. Bell et Hamlin ont eux aussi rencontré des difficultés ; aucun n’a pu convertir la faiblesse momentanée du leader en remontée majeure au championnat.
Le résultat illustre ce que permet l’avance construite pendant le Chase : absorber une journée imparfaite sans changer complètement de situation. Il ne dispense pas Larson de terminer le travail. Une crevaison, un contact ou une panne avant d’avoir marqué les points nécessaires reste un risque concret, qu’il a lui-même évoqué après l’arrivée.
Daniels ne prévoit donc pas de préparer Homestead avec une approche artificiellement ralentie. Interrogé par NASCAR.com, le chef d’équipe insiste sur le maintien des méthodes de préparation et sur la nécessité de fournir une voiture adaptée au pilotage de Larson. Chercher à tout contrôler en roulant loin de ses repères pourrait aussi créer des difficultés.
Le 8 novembre, Larson n’aura pas besoin d’une démonstration comparable à celles de ses meilleures courses du Chase. Il devra surtout franchir le seuil comptable qui manque encore. Martinsville lui a rappelé que sa marge protège des erreurs, mais qu’elle ne remplace pas une dernière course correctement menée.
