Felix Rosenqvist relance sa saison avec la pole de l’Acura Grand Prix of Long Beach
Felix Rosenqvist partira en tête dimanche à Long Beach après avoir dominé une qualification particulièrement exigeante, disputée dans le nouveau format du Firestone Fast Six à un seul tour lancé. Avec un chrono de 1’07”4635, le Suédois a devancé Pato O’Ward de 0”0441, tandis qu’Alex Palou et Kyle Kirkwood se sont installés sur la 2ème ligne. Pour la Meyer Shank Racing, ce résultat change immédiatement la tonalité d’un début de saison jusque-là décevant.
Un Firestone Fast Six sans droit à l’erreur
Long Beach est déjà un exercice de précision en temps normal. Avec la nouvelle formule validée par l’IndyCar pour les circuits urbains, la séance finale est devenue encore plus brutale. Après les deux segments habituels, les six meilleurs n’avaient plus qu’un seul tour pour aller chercher la pole, avec un ordre de passage choisi selon les performances du Top 12. Sur un tracé temporaire de 11 virages et 1,968 mile, il fallait donc être rapide immédiatement, sans possibilité de corriger le tir.
Rosenqvist a parfaitement négocié cette équation. Quand il s’est élancé, la référence appartenait à Alex Palou, mais l’Espagnol avait laissé quelques dixièmes dans un blocage de roue avant gauche à l’épingle. Le pilote de la Meyer Shank Racing a profité de cette ouverture pour s’emparer de la pole, puis il a dû attendre jusqu’au passage final de Pato O’Ward pour être définitivement fixé. Le pilote de la Arrow McLaren est resté très proche, sans parvenir à inverser la hiérarchie. Derrière eux, Palou a sauvé la 3ème place, tandis que Kirkwood a compromis sa tentative avec deux petites erreurs qui coûtent cher à ce niveau.
Une première ligne solide, une hiérarchie très dense
La première ligne réunira donc Rosenqvist et O’Ward. Palou et Kirkwood formeront la 2ème ligne, devant David Malukas et Scott Dixon. La suite du top 12 confirme l’extrême densité du plateau avec Will Power 7ème, Scott McLaughlin 8ème, Kyffin Simpson 9ème, Graham Rahal 10ème, Christian Lundgaard 11ème et Rinus VeeKay 12ème. Josef Newgarden, éliminé dès le premier tour, devra se contenter de la 14ème place sur la grille, ce qui le place déjà dans une configuration tactique compliquée pour dimanche.
Dixon, l’invité surprise du Fast Six
Le nom le plus inattendu de cette dernière phase reste peut-être Scott Dixon. Le pilote de la Chip Ganassi Racing a arraché sa qualification pour le Fast Six grâce à un dernier secteur particulièrement efficace, alors que Will Power semblait tenir sa place. Sur un circuit où l’expérience, la lecture du grip et la qualité de mise en température comptent autant que la vitesse pure, la présence de Dixon dans le match ne doit évidemment rien au hasard.
Pourquoi cette pole compte autant pour Rosenqvist
Cette pole est la 7ème de la carrière IndyCar de Rosenqvist. C’est aussi sa 2ème à Long Beach après 2024, et seulement la 2ème de l’histoire de la Meyer Shank Racing dans la discipline. Surtout, elle arrive au moment où le pilote suédois en avait le plus besoin. Avant cette 5ème manche, il pointait seulement au 14ème rang du championnat avec 65 unités, sans top 10 en quatre courses et avec deux 12èmes places comme meilleurs résultats. En clair, la vitesse de Long Beach n’efface pas le début de saison, mais elle remet la voiture n°60 dans le bon sens.
Rosenqvist n’a d’ailleurs plus grand-chose à prouver sur un tour. La vraie question, désormais, concerne la capacité à convertir le samedi en résultat le dimanche. Son unique victoire en IndyCar remonte toujours à Road America 2020, et lui-même a expliqué que son travail récent portait surtout sur le rythme de course et la manière de mieux protéger ses pneus. À Long Beach, cette donnée sera centrale, car la position en piste est précieuse mais ne suffit jamais à elle seule.
Ce que cela change pour la course et pour le championnat
Même en partant depuis la pole, Rosenqvist ne s’avance pas sans opposition. O’Ward signe son meilleur résultat de qualification de la saison, Palou reste dans une dynamique de prétendant majeur, et Kirkwood demeure la référence du moment sur les tracés urbains. Le pilote de la Andretti Global mène le championnat avec deux points d’avance sur Palou avant Long Beach, il a déjà gagné ici en 2023 et 2025, et son équipe a remporté six des 14 dernières courses urbaines de la série. La pole de Rosenqvist change donc le centre de gravité du week-end, pas encore celui de la saison.
Il y a enfin un contexte d’équipe qu’il ne faut pas sous-estimer. Quelques heures avant la qualification IndyCar, la Meyer Shank Racing avec Curb Agajanian avait déjà gagné la course IMSA GTP de Long Beach avec l’Acura n°93, elle aussi partie depuis la pole. Cette réussite parallèle ne garantit rien pour dimanche, mais elle confirme la qualité du week-end californien de la structure. Pour Rosenqvist, la mission est maintenant limpide : transformer cette performance pure en gros résultat, sur un circuit où partir devant ouvre toujours une fenêtre stratégique majeure.
