L’IndyCar durcit son système d’approbation des pilotes

© Paul Hurley/Penske Entertainment

À partir de la saison 2027, il deviendra plus difficile d’obtenir une licence pour piloter en IndyCar. Un pilote déjà en IndyCar qui serait sous-performant serait lui aussi scruté avec une plus grande attention. Avec, en toile de fond, l’objectif de limiter l’accès au championnat pour des pilotes payants qui n’auraient pas démontré de grandes capacités sportives.

Les détails de ces nouvelles directives pour l’approbation des pilotes ont été partagés aux équipes ce mercredi par Doug Boles, président de l’IndyCar.

« Notre objectif est simple : nous voulons faire en sorte que chaque pilote qui concourt en IndyCar ait démontré un niveau suffisant d’expérience, de performance et de succès, ainsi qu’un bilan de sécurité compatible avec la compétition au plus haut niveau du sport automobile. »

« Il y a plusieurs facteurs qui créent des opportunités pour les pilotes en IndyCar, dont le talent, les relations avec les équipes et le support commercial. Cependant, la chose la plus essentielle est de démontrer que le ou la pilote est qualifié·e pour concourir au niveau de l’IndyCar. »

L’INDYCAR disposant de sa propre pyramide de développement des jeunes pilotes, l’élément principal qui sera utilisé par les officiels pour juger les aspirants à une arrivée dans la catégorie sera le championnat d’IndyNXT, sorte d’équivalent pour l’IndyCar à ce que représente la FIA Formule 2 pour la Formule 1.

« Un pilote devra avoir complété un minimum de 12 épreuves d’IndyNXT pour prétendre à une éligibilité. Les résultats réalisés lors de ces douze premières courses compteront dès que ces douze premières épreuves auront été disputées.

« Dès que ce cap est validé, l’IndyCar déclarera le champion d’IndyNXT, ainsi que les deuxième et troisième du championnat, et n’importe quel pilote qui aura remporté au moins deux courses lors des vingt-quatre derniers mois comme « Compétitivement qualifié ». »

Ces nouvelles règles interviennent alors que les équipes recherchent de plus en plus de financements, coincées entre le coût engendré par le système hybride et l’arrivée de la nouvelle IndyCar en 2028, la Dallara IR-28. Parmi les équipes qui pourraient être directement concernées par cette nouvelle mesure, la AJ Foyt Racing, qui s’intéresserait de très près à Josh Pierson, actuellement douzième de l’IndyNXT mais qui ramènerait un budget estimé à plus d’une quinzaine de millions de dollars.

« Encore une fois, il n’est pas question de limiter les opportunités pour les pilotes talentueux. Il s’agit d’établir un cadre clair, constant et crédible pour déterminer si un pilote a le CV, le succès en piste et l’expérience nécessaire pour concourir en IndyCar. »

« C’est une partie importante du nouveau process. Avant de tester ou de trouver un accord avec un pilote qui n’a jamais obtenu de licence pour concourir en IndyCar Series, l’INDYCAR encourage les équipes à demander aux officiels de soumettre ces pilotes à une évaluation d’éligibilité, et d’attendre une approbation par écrit de l’INDYCAR avant de reprendre les discussions.

« Nous voulons que les équipes engagent l’INDYCAR tôt dans le process lorsqu’elles considèrent de recruter un pilote. Cela nous permettra de déterminer son éligibilité avant que des accords ne soient trouvés avec une équipe, un pilote, un sponsor ou une autre partie sur la supposition que l’approbation sera positive. »

Les pilotes déjà en IndyCar Series, où qui y ont participé dans le passé, sont d’ores et déjà considérés comme ayant déjà remplis les critères d’éligibilité, tout en restant constamment soumis à l’examen des officiels en charge du programme.

Cela ne ferme pour autant pas complètement la porte à un pilote qui n’aurait pas atteint les standards dictés ci-dessus :

« Les pilotes qui n’ont pas remplis les critères pour être « Compétitivement qualifiés » mais qui sont « Éligibles à une évaluation » pourront être évalués lors d’un test qui pourra inclure le rythme, la régularité, le contrôle de la voiture, la gestion du trafic, la compétence vis-à-vis des procédures et/ou la communication avec l’équipe et les ingénieurs. »

Mais Boles le précise bien :

« Une évaluation réussie n’est pas synonyme d’émission d’une licence de compétition. »

Mais l’IndyNXT ne sera évidemment pas le seul critère utilisé pour déterminer la capacité d’un pilote à rouler de manière compétitive en IndyCar. Nombreux sont les pilotes ayant fait du championnat nord-américain une deuxième carrière, après des carrières en Formule 1, en NASCAR ou en Supercars australiens notamment. L’INDYCAR prendra donc en compte ces CV à part.

« Nous reconnaissons que des pilotes d’IndyCar aient un passé différent en sport automobile. Les pilotes avec des accomplissements récents en Formule 1, FIA Formule 2, Super Formula, NASCAR Cup Series, IMSA GTP, WEC Hypercar ou dans d’autres championnats professionnels que l’INDYCAR considère comme égaux ou supérieurs à l’IndyNXT seront évalués séparément.

« L’INDYCAR peut déclarer que les accomplissements d’un pilote dans l’une de ses catégories établit qu’il ou elle reçoive le statut « Compétitivement Qualifié » ou « Éligible à une évaluation ». La participation seule à un de ces championnats ne garantit pas l’égibilité. »

« Notre objectif final est de faire en sorte que le peloton d’IndyCar Series représente le plus haut standard de talent, d’expérience et de compétition, et que chaque pilote d’IndyCar ait démontré qu’il ou elle est préparé·e au mieux pour avoir du succès à ce niveau. »