Un premier départ en NASCAR O’Reilly Auto Parts Series agité du début à la fin
La NASCAR O’Reilly Auto Parts Series a offert samedi à Rockingham Speedway l’un de ses débuts les plus atypiques du printemps 2026. Garrett Mitchell, mieux connu sous le nom de Cleetus McFarland, disputait sa première course dans la discipline au volant de la Chevrolet n°33 de la Richard Childress Racing. Le résultat brut reste modeste, une 32ème place à six tours, mais le contenu de la journée raconte beaucoup plus qu’un simple classement de fond de top 30.
Le point de départ était déjà particulier. McFarland ne débarquait pas dans l’anonymat classique d’un rookie de série nationale. Jayski rappelle qu’il s’agit de Garrett Mitchell, personnalité majeure de YouTube avec plus de 4,6 millions d’abonnés, également propriétaire du Freedom Factory, et que son programme à Rockingham était soutenu par Tommy’s Express au sein du dispositif de La Richard Childress Racing. Il avait déjà découvert la NASCAR Craftsman Truck Series plus tôt cette année lors de l’ouverture de saison à Daytona.
Une qualification en fond de grille, puis deux gros avertissements en course
Sportivement, le week-end avait commencé par une base modeste. McFarland s’était qualifié 35ème sur 37 voitures chronométrées pour les North Carolina Education Lottery 250 Presented by Black’s Tire. Sur une piste comme Rockingham, partir aussi loin signifie presque toujours une course en réaction, surtout pour un pilote qui découvre à la fois la série, la distance et le niveau général du plateau.
La première grosse alerte intervient dès le 4ème tour. McFarland s’est retrouvé à l’intérieur d’une situation à trois de front dans le virage 1 avec Josh Bilicki et Nathan Byrd. Sa Chevrolet n°33 s’est alors mise en travers, mais il a réussi à la récupérer sans la perdre complètement. Cette séquence a sans doute coûté très cher sur le plan de la dynamique, puisqu’il a rapidement décroché du groupe de tête et a fini le 1er segment au 35ème rang, déjà à un tour.
La deuxième frayeur notable arrive au 49ème tour. Cette fois, c’est le tête-à-queue de Blake Lothian dans le virage 2 qui a failli piéger McFarland. Il a dû plonger sur l’apron pour éviter la Chevrolet n°55 de très peu. Là encore, le fait marquant n’est pas seulement qu’il ait survécu à l’incident. C’est qu’il ait réussi à garder sa voiture intacte dans une course où l’apprentissage passait d’abord par la gestion du danger immédiat.
Le vrai incident arrive au 206ème tour
La course de McFarland a toutefois fini par basculer plus lourdement au 206ème passage. Sa Chevrolet s’est dérobée dans le virage 3, a glissé vers le bas de la piste, puis est repartie dans le trafic en tête-à-queue pour provoquer la 7ème neutralisation de la journée. C’est l’image forte de sa première apparition dans la série, celle qui a fait le plus de bruit, même si elle ne doit pas résumer à elle seule l’ensemble de sa prestation.
Une journée double, et pas totalement ratée
Le contexte général mérite d’être rappelé, car McFarland n’a pas disputé une seule course à Rockingham, mais deux. Il a aussi roulé samedi dans l’épreuve ARCA Menards Series East, qu’il a terminée à une très solide 4ème place. En additionnant les deux engagements, il a couvert 369 des 375 tours prévus sur la journée. Pour un pilote encore très neuf dans ce type d’environnement, cet élément change un peu la lecture du week-end. Le résultat de la O’Reilly Auto Parts Series reste discret, mais le volume de roulage et la capacité à boucler l’essentiel de son programme restent des points positifs.
Il faut aussi se souvenir que ce premier départ en O’Reilly Auto Parts Series n’était pas complètement improvisé. Jayski rappelle que McFarland avait déjà effectué son premier départ ARCA en 2025 avec la Rette Jones Racing, avec à la clef des top 10 à Talladega Superspeedway et Charlotte Motor Speedway. Rockingham ne marque donc pas l’apparition d’un novice absolu en stock-car national, mais plutôt un nouveau palier dans une trajectoire encore très récente.
Ce que Rockingham dit vraiment de son profil
L’analyse la plus juste consiste probablement à séparer l’exposition médiatique du niveau sportif réel. Oui, McFarland a apporté une attention inhabituelle à la série. Oui, sa journée a été spectaculaire, avec deux sauvetages, un tête-à-queue sous les yeux de tout le monde et un double programme ARCA plus O’Reilly sur le même samedi. Mais la hiérarchie sportive reste claire, il a terminé 32ème, six tours derrière, dans une course remportée par William Sawalich. Le fond du sujet n’est donc pas de dire qu’il est déjà prêt pour jouer devant, mais de constater qu’il a encaissé un premier rendez-vous dense sans casser totalement son week-end.
Pour La Richard Childress Racing, le dossier est également intéressant. L’équipe savait qu’elle alignait un pilote à forte visibilité mais encore en phase de découverte. Le fait qu’il ait pu multiplier les tours, éviter plusieurs accidents majeurs, puis ressortir de Rockingham avec une 4ème place en ARCA East et une expérience nationale supplémentaire en O’Reilly Auto Parts Series vaut plus qu’un simple coup médiatique. Sportivement, il reste beaucoup à construire. Mais pour un premier passage dans cet environnement, la journée a au moins validé une chose, Cleetus McFarland n’est pas venu à Rockingham pour faire seulement acte de présence.
