Le conflit entre la Joe Gibbs Racing (JGR) et la Spire Motorsports prend une nouvelle ampleur financière. Dans un document déposé au tribunal, Spire affirme que JGR réclame désormais près de 150 millions de dollars de dommages et intérêts à l’écurie et à Chris Gabehart, son directeur des sports mécaniques. Cette somme n’est ni une décision de justice ni une indemnité accordée : elle apparaît dans le mémoire de Spire, qui conteste les accusations et la méthode d’évaluation de son adversaire.
Un écart important avec les premières estimations
La plainte engagée en février portait d’abord sur environ huit millions de dollars. JGR accuse son ancien directeur de la compétition d’avoir emporté des informations confidentielles en quittant l’équipe pour rejoindre Spire avant la saison 2026. L’organisation soutient que ces données auraient été utilisées dans le cadre du programme Cup de sa rivale. Gabehart et Spire contestent ces allégations.
Selon le mémoire de Spire rapporté par RACER, l’expert de JGR évalue à 47,4 millions de dollars les dommages liés aux secrets commerciaux allégués. Le total proche de 150 millions correspond à la somme plus large demandée par JGR, mais les détails de son calcul restent débattus. La différence avec le montant initial donne une nouvelle dimension à une affaire qui touche deux équipes concurrentes et un cadre ayant occupé des fonctions clés chez JGR.
Le calendrier du procès reste sous pression
Le litige porte aussi sur les documents et le temps nécessaire aux experts. Après une ordonnance du tribunal en octobre, les deux camps doivent produire des éléments techniques et des dossiers liés aux réglages, aux contrats et aux réunions de compétition. JGR a demandé de repousser plusieurs échéances avant le procès, prévu le 1er février 2027, tout en affirmant vouloir conserver cette date. Spire jugeait le calendrier demandé trop serré et estimait ne pas disposer d’un délai suffisant pour répondre aux nouvelles analyses.
Un juge a ensuite fixé de nouvelles dates pour les expertises et les motions, sans déplacer le début du procès. La prochaine étape sera donc l’examen des éléments techniques dans le cadre contradictoire, pas un jugement sur le bien-fondé des accusations. La procédure devra déterminer quelles informations étaient protégées, si elles ont été utilisées et si un préjudice peut être établi.
Cette bataille judiciaire a déjà des effets au-delà des deux équipes. Elle concerne les limites de la mobilité des dirigeants, la valeur des données techniques et la manière dont les écuries protègent leurs méthodes de travail. L’ancienne relation professionnelle de Gabehart avec Denny Hamlin permet aussi de replacer le dossier dans l’histoire récente de la n°11, racontée dans le compte rendu de sa course contrariée à Phoenix. Mais la question centrale reste juridique : la somme annoncée par Spire décrit une demande, pas une responsabilité déjà reconnue.
