« Je suis prêt à devenir une personne normale » : Alex Bowman détaille les raisons de sa retraite

À seulement trente-trois ans, Alex Bowman a annoncé prendre sa retraite sportive à la fin de la saison prochaine, en 2027. Il aura alors passés plus de douze ans au plus haut niveau de la NASCAR, dont dix dans une de ses meilleures équipes, la Hendrick Motorsports. D’abord remplaçant pour Dale Earnhardt Jr. en 2016, il avait été titularisé après la retraite de ce dernier fin 2017, puis déplacé vers la voiture n°48 lorsque Jimmie Johnson avait pris sa retraite.

Actuellement dans sa neuvième saison complète avec l’équipe, Bowman s’est qualifié à sept reprises pour les playoffs. Seule année manquée : 2023, après un accident de Sprint Car qui l’avait blessé au dos et tenu éloigné des circuits pendant trois courses. À celui-ci s’ajoutent un accident de midget lorsqu’il avait seize ans, qui a fracturé ses deux clavicules, des côtes et percé ses poumons, une commotion cérébrale en 2022, et des vertiges qui l’avaient forcé à manquer un mois de compétition en ce début de saison 2026. Pourtant, sa forme physique n’est pas la principale raison pour laquelle il se retirera des circuits dans un an et demi.

« Je me rappelle qu’en 2017, mon conseiller financier m’a demandé combien de temps je comptais courir. Et je me souviens lui avoir répondu, « je ne me vois pas faire ça après mes 35 ans ». Il y a toujours eu d’autres choses que j’ai voulu faire dans ma vie, que je n’ai pas le temps de faire en étant pilote. (…) Il y a plein d’autres raison, mais ça a toujours été le plan. (…) Ne le dites pas à Chloe [Henderson, sa fiancée – ndlr], mais piloter ma voiture de drift, retourner en sprint car, en midget… »

Malgré tout, ses blessures ont malgré tout consolidé sa décision.

« Les commotions peuvent êtres vraiment mauvaises, et puis j’ai très mal au dos. Je fais de la thérapie physique chaque jour pour passer la saison. »

« L’accident au Michigan l’année dernière a lui aussi fait beaucoup de dégâts. Jusqu’à ce moment, je me remettais plutôt bien [de son accident de Sprint Car en 2023 – ndlr]. »

Puis, sans prévenir, sont arrivés les problèmes de vertiges. Tombé malade au beau milieu de l’épreuve du COTA, Bowman a dû laisser sa place à Myatt Snider, avant de devoir rester pied à terre pendant un mois.

« En mars, je pensais que je prendrai ma retraite à la fin de cette saison. J’étais plutôt sûr de moi. »

Mais le facteur de l’équipe est finalement aussi entré en compte dans ses décisions. En effet, la Hendrick Motorsports ne disposait pas d’options viables pour 2027, si ce n’est celle de continuer avec son quatuor actuel de pilotes. Les deux options envisagées pour le futur, Corey Day et Connor Zilisch ne sont dans le premier cas pas assez mûre, et dans le deuxième sous contrat avec la Trackhouse Racing pour une deuxième année.

« Ça m’a donné la motivation de vouloir sortir sur une meilleure année que celle-ci, et de mettre en place les efforts pour faire en sorte que ce soit le cas. C’était aussi aligné avec ce dont l’équipe avait besoin. »

Enfin, Alex Bowman espère trouver une vie normale, loin de l’attention des médias, qu’il admet volontiers ne pas aimer. Au milieu de cette « vie normale » à laquelle il aspire, la volonté de fonder sa famille sans que celle-ci ne soit impactée par ses résultats en piste.

« Je ne veux pas être un père qui, lorsqu’il rentre à la maison le lundi, est énervé parce que sa course ne s’est pas bien déroulée. C’est probablement en haut de la liste de mes raisons, la manière dont je vis chaque semaine. »

Sans compter les heures passées à l’entraînement chaque semaine.

« Tout ce que je fais de mes journées, c’est m’entraîner, faire du simulateurs et des réunions pour essayer d’être compétitif. »

« Certains arrivent à trouver un meilleur équilibre et à avoir plus de succès. Peut-être que ce n’est pas mon fort, et que je m’entraîne plus pour ne récolter qu’une partie du succès. »

Malgré tout, Bowman pourrait rester impliqué à la Hendrick, notamment sa branche Hendrick Performance qui vent des véhicules rares et exotiques. Pas question cependant de le voir embrasser une carrière à la télévision, comme c’est le cas de nombreux retraités.

« Je ne pense pas que qui que ce soit voudrait m’écouter pendant une retransmission. Je dirais des trucs débiles et me ferait virer assez rapidement. »

Il reste désormais au pilote originaire de Tucson en Arizona une cinquantaine de courses à disputer dans sa carrière, à commencer par les Brickyard 400 de ce week-end à Indianapolis.

Propos recueillis par Jeff Gluck et en conférence de presse des Brickyard 400