La Team Penske échange les équipes de stands de Blaney et Cindric avant The Chase

© Team Penske

La Team Penske n’attendra pas que les arrêts aux stands coûtent de nouveaux points à Ryan Blaney. À quelques jours du Southern 500, l’équipe a décidé d’échanger les groupes qui intervenaient jusque-là sur les Ford n°12 et n°2. Blaney récupère donc l’équipe de mécaniciens d’Austin Cindric pour l’ouverture de The Chase à Darlington, tandis que Cindric héritera du groupe qui travaillait autour de la n°12.

La décision intervient dans un contexte très différent pour les deux pilotes. Blaney aborde la phase finale comme deuxième tête de série, à 25 points de Denny Hamlin. Cindric commence quinzième parmi les seize qualifiés, avec 95 unités de retard sur le leader. Tous deux restent mathématiquement engagés dans la course au titre, mais la Penske renforce clairement le pilote qui arrive avec la meilleure position de départ et le profil le plus solide.

Un écart de performance devenu impossible à ignorer

Les chiffres expliquent la brutalité du changement. À l’issue de Daytona, l’équipe de la n°12 n’occupait que le 32ème rang parmi les 35 structures à temps plein sur la pit road. Selon NASCAR Insights, ses arrêts ont coûté à Blaney 129 positions depuis le début de la saison, le pire bilan du plateau. À titre de comparaison, la n°77 de Carson Hocevar, avant-dernière référence dans ce domaine, en a perdu 70.

Le groupe de la n°2 affichait au contraire le dixième meilleur rendement. À partir de Darlington, le jackman Jourdan Osinskie, le fueler Andrew Lackey, les changeurs Justin Armwood et Geoffrey Wall ainsi que le porteur Jesse Mills travailleront donc sur la voiture de Blaney. Cindric récupère Graham Stoddard, Chris Conklin, Keiston France, Justin Fox et Trevor Apsey.

Cette permutation va bien au-delà du changement de jackman déjà effectué sur la n°12 au printemps. Stoddard avait intégré le groupe avant Kansas, mais les résultats globaux n’ont pas suffisamment progressé. La Penske choisit désormais de déplacer deux unités complètes plutôt que de remplacer un seul poste.

Un pari qui peut aussi fragiliser Cindric

Pour Blaney, l’avantage potentiel est évident. Dans une course de 500 miles où la dégradation des pneus multipliera les passages par les stands, quelques dixièmes gagnés et surtout une exécution plus régulière peuvent valoir plusieurs positions. La phase finale se joue sur dix courses : continuer avec le groupe le moins performant aurait laissé une faiblesse identifiée au cœur de sa campagne.

La contrepartie concerne Cindric. Le pilote de la n°2 perd une équipe bien classée au moment où il doit déjà combler un retard important. Il devra reconstruire immédiatement ses automatismes avec un groupe en difficulté, sans véritable week-end de transition.

La Team Penske assume donc un choix de hiérarchie sportive sans retirer Cindric de la course. Si l’échange améliore les arrêts de Blaney, il peut transformer une faiblesse majeure en atout. S’il ne produit pas l’effet attendu, l’organisation aura déplacé le problème plutôt que de le résoudre.