La finale IndyCar de Laguna Seca ne se limitera pas aux monoplaces actuelles. Trente voitures historiques prendront la piste lors de plusieurs démonstrations pendant le week-end, avec une sélection qui remonte jusqu’à une National Model 40 de 1911 et se prolonge jusqu’à une Dallara DW12 de 2022. Le programme offrira une rare traversée vivante de plus d’un siècle de compétition américaine.
De 1911 à l’ère moderne
Voir ces voitures rouler plutôt que rester immobiles dans un musée donne tout son intérêt à l’événement. Les châssis permettront de mesurer l’évolution des proportions, des moteurs, de l’aérodynamique et des standards de sécurité. Entre une machine du début du XXème siècle et une DW12 contemporaine, c’est tout le chemin parcouru par l’IndyCar qui apparaîtra sur les mêmes trajectoires.
Laguna Seca est un lieu particulièrement adapté à cette mise en scène. Son relief, le Corkscrew et son histoire en font un circuit où les voitures gardent une présence forte, quelle que soit leur époque. La démonstration rappellera que l’identité de la discipline s’est construite autant sur les ovales que sur les circuits routiers de Californie.
Des pilotes qui connaissent la piste
La liste des participants ajoute une dimension supplémentaire. Bobby Rahal, Tony Kanaan, Bryan Herta, Ryan Hunter-Reay, Max Papis, Danny Sullivan, Dominic Dobson et Zak Brown doivent notamment prendre part aux roulages. Plusieurs d’entre eux entretiennent un lien direct avec Laguna Seca ou avec des périodes marquantes de l’histoire du championnat.
Rahal y a remporté quatre courses consécutives entre 1984 et 1987. Bryan Herta s’est imposé deux fois de suite en 1998 et 1999. Danny Sullivan y a célébré son titre en 1988, tandis que Max Papis avait signé en 2001 une victoire devenue mémorable après s’être élancé vingt-cinquième. Ces repères ne transforment pas la démonstration en course, mais ils donnent une voix particulière aux pilotes invités.
Un week-end qui assume sa mémoire
La présence de ces voitures entre aussi en résonance avec l’hommage à Alex Zanardi prévu cette année. Le Corkscrew porte désormais son nom dans l’univers IndyCar, en souvenir de son dépassement décisif face à Bryan Herta lors de la finale 1996. À Laguna Seca, l’histoire n’est donc pas seulement racontée : elle est remise en mouvement.
Ce type de programme permet au public de replacer les champions actuels dans une continuité plus large. Les voitures modernes resteront évidemment au centre de l’attention dimanche, lorsque la saison 2026 se terminera. Mais les démonstrations historiques rappelleront que chaque génération a laissé ses sons, ses silhouettes et ses héros.
Pour les spectateurs, l’intérêt dépasse la nostalgie. Il s’agit de voir des automobiles conçues pour des logiques de course totalement différentes partager le même circuit. Pour l’IndyCar, c’est une manière simple et efficace de valoriser son patrimoine : ne pas l’enfermer dans des archives, mais le faire rouler là où il a réellement été construit.
