Essais NASCAR à Chicagoland Speedway, un retour déjà prometteur pour l’ovale de Joliet

Chicagoland valide déjà son retour dans le paysage de la NASCAR

Les essais qui viennent de se tenir sur le Chicagoland Speedway avaient une portée bien plus large qu’une simple séance de développement pneumatique. Pour la NASCAR, il s’agissait du premier roulage grandeur nature sur l’ovale de 1,5 mile de Joliet depuis 2019, avec un double objectif clair, vérifier l’état réel de l’installation après plusieurs années d’inactivité sportive et préparer le week-end du 3 au 5 juillet qui verra revenir la NASCAR Cup Series, la NASCAR O’Reilly Auto Parts Series et l’ARCA Menards Series sur le site.

Le casting retenu montre d’ailleurs que la NASCAR et Goodyear n’ont pas traité ce test à la légère. Côté Cup, la No. 5 de la Hendrick Motorsports avec Kyle Larson, la No. 11 de la Joe Gibbs Racing avec Denny Hamlin et la No. 12 de la Team Penske avec Ryan Blaney représentaient à la fois trois équipes de référence et les trois constructeurs engagés dans la discipline. Côté NASCAR O’Reilly Auto Parts Series, Justin Allgaier pour la JR Motorsports et Brandon Jones pour la Joe Gibbs Racing ont participé aux roulages du mardi. Le message est limpide, Chicagoland n’est pas un retour nostalgique, mais un vrai dossier de compétition.

Une surface vieillie, mais saine et déjà intéressante

L’une des grandes inconnues concernait évidemment l’état du revêtement. Sur ce point, les signaux remontés avant et pendant le test sont plutôt encourageants. Elton Sawyer et Ben Kennedy avaient déjà replacé Chicagoland dans la réflexion stratégique de la NASCAR, mais c’est surtout John Probst, Senior Vice President of Racing Development, qui a donné le ton en expliquant que le circuit avait bien vieilli et qu’aucune réfection lourde n’était nécessaire. La NASCAR prévoit seulement des corrections localisées, du nettoyage, de la peinture et la remise à niveau de certaines zones d’accueil.

Les bosses sont toujours là, et c’est plutôt une bonne nouvelle

Kyle Larson a confirmé sur place que la piste n’avait pas perdu son identité. Le gros raccord dans le virage 1 est toujours présent, tout comme les irrégularités des virages 3 et 4. Pour un pilote comme Larson, cela signifie que Chicagoland a conservé ce caractère qui la distinguait déjà à l’époque de sa première vie en Cup. Il a aussi souligné que la vitesse de passage semblait plus élevée avec la Next Gen qu’avec l’ancienne génération, tout en précisant que la chaleur estivale du week-end de course changera forcément une partie de l’équation. Autrement dit, les enseignements du test sont utiles, mais ils ne figent pas encore la physionomie de la course.

L’autre élément très intéressant dans le retour de Larson concerne le placement en piste. Il a expliqué qu’on pouvait déjà entrevoir plusieurs lignes, même si la vitesse actuelle et surtout la rudesse des bosses dans 3 et 4 compliquent encore les écarts de trajectoire. Ce point est central, car toute la valeur sportive de Chicagoland a longtemps reposé sur sa largeur utile, sa capacité à ouvrir plusieurs options de pilotage et la manière dont le grip évolue au fil d’un relais. Si la Next Gen retrouve cela sur une piste aussi marquée, la course de juillet peut rapidement devenir l’une des plus intéressantes de l’été.

Des pneus, de l’usure et enfin de vraies variations de course

Ryan Blaney a sans doute livré le constat le plus important du test. Pour le pilote de la Team Penske, la surface est arrivée à un point de vieillissement particulièrement intéressant, avec une usure pneumatique qui devrait être sensible et une largeur de piste susceptible de remettre toute la chaussée en jeu. C’est exactement ce que recherche la NASCAR sur les ovales intermédiaires, des écarts de comportement entre les voitures, des trajectoires qui évoluent et des relais qui ne se résument pas à conserver un air propre en tête de peloton.

Denny Hamlin, lui, a insisté sur un autre aspect, l’avantage réel du temps de piste. Le vétéran de la Joe Gibbs Racing, vainqueur à Chicagoland en 2015, estime qu’un test donne forcément des repères, mais il a aussi rappelé que la piste sera différente au retour du championnat, une fois la poussière partie et les conditions d’été installées. Son analyse est juste. Les équipes présentes n’ont pas trouvé une vérité définitive, elles ont surtout validé une base de travail sur les pneus, les hauteurs de caisse, les réactions sur bosses et la façon dont la voiture se comporte dans une zone intermédiaire qui ressemble par certains aspects à Kansas Speedway.