L’incroyable week-end d’Oriol Servia

Il y a quelques années, le brésilien Roberto Moreno avait hérité du surnom de “supersub”, l’équivalent américain de l’intérimaire de luxe, pour sa capacité à remplacer au pied levé des pilotes indisponibles. Oriol Servia serait-il le nouveau “supersub” ? Après avoir remplacé Bruno Junqueira chez Newman/Haas en 2005 après l’accident de celui-ci aux 500 miles d’Indianapolis, ce qui lui valu une victoire et la deuxième place du championnat, le voici qui a remis ça le week-end dernier à Long Beach, et avec la même efficacité.

Présent à Long Beach pour garder un pied dans le paddock, il ne se faisait guère d’illusions quant à ses chances de trouver un volant à court terme. C’est dans cet état d’esprit qu’il assistait à l’accident de Paul Tracy le samedi matin. Les choses s’enchainèrent dès lors très vite. Moins de deux heures après l’accident, Oriol prenait place dans le mulet du Canadien et il prenait directement part à la seconde séance de qualification, au bout de laquelle il décrochait le 14ème temps, honnête performance si l’on tient compte du fait qu’Oriol n’avait plus piloté la Panoz depuis les essais d’intersaison, et que la monoplace était réglée pour Tracy, dont le style diffère beaucoup du sien. Quant à la taille du baquet, n’en parlons même pas !

En course, Oriol rentrait rapidement dans le rythme après un départ prudent. Forsythe optait alors pour une stratégie décalée en anticipant le premier pit-stop. Cela permettait à Servia d’avoir une piste dégagée et de pouvoir hausser le rythme. Quant les leaders rentraient à leur tour aux stands, Oriol se retrouvait tout naturellement en lice pour une place sur le podium. Il terminait finalement à la seconde place derrière Sébastien Bourdais, non sans avoir signé le troisième meilleur tour en course. Un résultat auquel personne n’aurait pu s’attendre deux jours plus tôt !

“Je ne m’attendais pas du tout à me retrouver ici”, confirmait Oriol. “Alors je suis tout simplement heureux. Je suis content qu’on m’ait donné cette opportunité. Je savais que la voiture serait bonne et que le team ferait du bon travail. Je savais que si je n’étais pas trop rouillé, je pourrais faire du bon boulot. Alors j’ai saisi cette opportunité et j’ai donné le maximum. Je voudrais remercier toute l’équipe Forsythe, et notamment M. Forsythe pour avoir eu confiance en mes capacités. Je souhaite aussi remercier les fans, parce que ce fut très dur à Las Végas d’errer dans le paddock sans volant. Et à chaque pas, je croisais un fan qui me témoignait de son soutien. Et ce fut la même chose ici vendredi. Cela m’a permis de garder mon énergie et ma motivation. Je voudrais les remercier grandement.”

Et la suite ? L’indisponibilité de Paul Tracy semble devoir se prolonger – entre deux mois et demi et trois mois et demi selon l’intéressé – et au vu du résultat de Long Beach, la logique voudrait que le Forsythe Racing renouvelle sa confiance à Servia.

Il serait cependant dommage de cantonner le pilote catalan au rôle d’intérimaire de luxe. Sa course dimanche a montré une nouvelle fois qu’il mérite un volant à plein temps dans une équipe de pointe.

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