Le conflit judiciaire entre la Joe Gibbs Racing, Chris Gabehart et la Spire Motorsports vient de franchir une nouvelle étape. Mercredi, la juge Susan C. Rodriguez a refusé de faire disparaître plusieurs contre-demandes déposées par Gabehart et la Spire. La décision ne tranche pas encore le fond de l’affaire, mais elle garantit que plusieurs volets du dossier continueront leur chemin vers le procès prévu le 1er février 2027.
La contre-attaque de la Spire reste en vie
À l’origine, la Joe Gibbs Racing poursuit Chris Gabehart, son ancien ingénieur, crew chief puis directeur de la compétition, ainsi que la Spire Motorsports. La JGR accuse notamment Gabehart d’avoir emporté des informations confidentielles et des secrets commerciaux avant son départ de l’équipe et son arrivée chez la Spire.
La Spire a répondu avec ses propres demandes. L’une d’elles concerne Robert « Cheddar » Smith, ancien car chief de l’organisation. Selon la Spire, elle aurait accepté de libérer Smith de son contrat et de sa clause de non-concurrence afin qu’il rejoigne la Joe Gibbs Racing et la Toyota n°54 de Ty Gibbs. En échange, la JGR aurait dû fournir à la Spire un employé d’un niveau comparable ou lui verser 100 000 dollars.
La Joe Gibbs Racing demandait à la justice de rejeter cette contre-demande. La juge Rodriguez a refusé. Cela ne signifie pas que la version de la Spire est considérée comme vraie, mais simplement que les faits allégués sont suffisamment plausibles pour être examinés plus loin dans la procédure.
Une victoire partielle seulement pour Chris Gabehart
La situation est plus nuancée concernant Gabehart. Plusieurs de ses demandes contre son ancien employeur pourront continuer, notamment celles liées à une possible rupture de contrat, à l’obligation de bonne foi et à la législation de Caroline du Nord sur le paiement des salaires.
En revanche, la juge a accepté de rejeter d’autres griefs portant sur l’accès par la JGR et ses avocats aux appareils professionnels de Gabehart. Selon les comptes rendus de l’audience, ces ordinateurs et téléphones appartenaient à la Joe Gibbs Racing, ce qui fragilisait l’argument selon lequel l’organisation n’avait pas le droit d’y accéder.
Le vrai combat est encore devant eux
Cette audience était procédurale. Elle ne décide ni si Gabehart a effectivement détourné des secrets commerciaux, ni si la Spire avait réellement conclu l’accord qu’elle décrit avec la JGR. Le dossier fédéral confirme que les trois parties sont désormais à la fois engagées dans les demandes initiales et dans plusieurs contre-demandes.
La phase de découverte doit encore se poursuivre avant les éventuelles demandes de jugement sommaire. Sauf accord entre les parties, le dossier doit ensuite arriver devant un jury début février 2027. Pour la NASCAR, cette bataille judiciaire demeure particulièrement sensible : elle oppose deux organisations de Cup et l’un des techniciens les plus influents de la dernière décennie.
