La victoire impressionnante de Kyle Larson à Talladega, sa première en près de soixante courses sur superspeedway, n’est pas venue sans une once de controverse. En effet, au moment de dépasser Todd Gilliland pour prendre la troisième position, la Chevrolet n°5 est légèrement descendue sur la piste, au point de chevaucher la double ligne jaune, qu’il est interdit de franchir sur les superspeedways que sont Daytona, Atlanta et Talladega.
Un point de règlement flou
Mais la formulation exacte de la règle laisse place à interprétation. Le point de règlement 8.3.2 (j) dispose ainsi que « si la NASCAR détermine qu’un véhicule passe sous la double ligne jaune pour améliorer sa position, celui-ci subira un drapeau noir » – drapeau noir signifiant un pass-through, ou, dans le cas d’une infraction dans le dernier tour, un reclassement en tant que dernier pilote à terminer dans le tour. Pas plus d’explication n’est donnée quant à la manière dont on détermine si un véhicule passe sous la double ligne jaune – est-ce l’entièreté du véhicule, deux pneus, ou même un pneu seulement qui franchirait la ligne ? Faut-il la franchir intégralement, ou seulement la mordre pour être pénalisé ?
Une première partie de réponse nous a été donnée au début de l’été, lors de la deuxième épreuve disputée sur l’EchoPark Speedway, à Atlanta. Lors du dernier tour, dans la ligne droite arrière, Bubba Wallace s’était porté à l’intérieur de Carson Hocevar et Ryan Blaney en chevauchant cette double ligne. Il ne l’avait toutefois pas franchie intégralement, ses deux roues droites étant, en tout temps, restées en contact avec la peinture.

Deuxième au moment de franchir la ligne d’arrivée, Wallace avait par la suite été reclassé à la vingt-neuvième position, dernier pilote dans le tour du vainqueur. Donc, un premier élément de réponse nous avait ici été apporté par la NASCAR : la voiture ne doit pas être intégralement sous la double ligne peinte pour être pénalisée.
Larson, une affaire de centimètres
En ce qui concerne Kyle Larson, c’est moins clair. Seule une petite partie de la voiture a franchi la ligne interdite, ce qui n’a pas empêché les réseaux sociaux, avides de voir l’écart au championnat se resserrer, de s’exciter. Via ses communications officielles, la NASCAR a rapidement confirmé que la n°5 avait bien remporté la course, en justifiant que ses roues gauches étaient, en permanence, restées en contact avec la peinture. De fait, ils n’étaient pas passés en dessous, et n’ont donc pas quitté le cadre légal.

La NASCAR a conclu en expliquant qu’en tout temps, les quatre pneumatiques devaient rester sur la surface de course, qui inclut donc la double ligne jaune. En théorie, une seule roue au-delà de la limite suffirait donc à pénaliser un pilote, à condition évidemment que ce court-circuitage de la piste lui permette de gagner une ou plusieurs positions.
C’est ainsi en exploitant à la perfection le règlement que Kyle Larson est parvenu à remporter l’édition 2026 des YellaWood 500, avec à la clé une avance de 73 points sur nouveau dauphin Denny Hamlin. Quelques centimètres qui pourraient lui permettre, dès Martinsville la semaine prochaine, d’être sacré champion de NASCAR Cup Series pour la troisième fois de sa carrière.
