McMurray et Ganassi entrent dans l’histoire

Lorsque Chip Ganassi a recruté Jamie McMurray pour piloter la voiture n°1, il était loin de se douter que ce pilote qu’un bon nombre de personnes avaient enterré après des saisons assez décevantes chez Roush Fenway Racing allait lui offrir une victoire aux Daytona 500 et à Indianapolis la même année. C’est pourtant bel et bien ce qui s’est passé dimanche soir lorsque le pilote Chevrolet a franchi la ligne d’arrivée en vainqueur.

Quelle revanche pour ce pilote qui a longtemps déçu dans la plus haute division de la NASCAR. Mais 2010 semble être son année avec ces deux magnifiques victoires à Daytona et Indianapolis, sans oublier ses secondes places à Talladega, à Darlington et aux Coca-Cola 600. Jamie McMurray semble être l’homme le plus fort cette année sur les épreuves les mieux cotées de la NASCAR.

Le pilote Ganassi n’est pas le premier à remporter les deux plus grandes courses du calendrier NASCAR la même saison. Dale Jarrett avait déjà réussi cet exploit en 1996 avant que Jimmie Johnson ne fasse de même dix ans plus tard. Ces deux pilotes ont été champions par la suite, en sera t’il de même pour le meilleur rookie de la saison 2003 ?

Cette course marquera aussi l’histoire puisque Chip Ganassi est devenu le premier propriétaire à remporter les Daytona 500, les 500 miles d’Indianapolis (avec Dario Franchitti) et les Brickyard 400 la même année. Un triplé historique dans le domaine des courses américaines.



Chip Ganassi : “Je suis l’homme le plus heureux du monde. Vous n’oseriez jamais rêver de cela. On n’aurait jamais osé rêver d’une année comme celle-ci.”

Si Ganassi a remporté la course grâce à McMurray, c’est pourtant l’autre voiture de l’écurie, celle de Juan-Pablo Montoya, qui aura fait le spectacle dimanche soir. Seulement voilà, le Colombien s’est encore fait rattraper par ses vieux démons et il s’est encore privé d’une victoire qui lui tendait les bras.

L’année dernière, Montoya avait archi dominé la course avant de commettre un excès de vitesse dans les stands laissant ainsi la porte grande ouverte à ses rivaux. On peut considérer qu’il a également perdu la course dans la pit lane ce soir.

La NASCAR a sorti un cinquième drapeau jaune au 138ème tour suite à un débris alors que Juan Pablo Montoya était en tête et tous les leaders se sont engouffrés dans la voie des stands. Une autre neutralisation étant intervenue 20 tours plus tôt, six pilotes ont fait le choix de ne prendre que deux pneus : Jamie McMurray (qui prendra la tête), Kevin Harvick, Tony Stewart, Kurt Busch, Mark Martin et Jeff Burton. Montoya était le premier pilote à quatre pneus suivi par Greg Biffle avec qui il a partagé les tours menés pendant une grande majorité de la soirée.

Lors du restart, le pilote de la Chevrolet n°42 s’est fait déborder par Greg Biffle et Kyle Busch. Sentant la victoire lui échapper, Montoya s’est donc donné à fond, fidèle à son habitude. Mais trois tours plus tard, le Colombien partait en survirage et finissait dans le mur à la sortie du virage n°4, emmenant avec lui Dale Earnhardt Jr qui se trouvait un mauvais endroit au mauvais moment.

Au même instant, Kevin Harvick débordait Jamie McMurray dans la ligne droite avant avec l’aide de l’aspiration et s’emparait de la tête quelques secondes avant la sortie du dernier drapeau jaune de la soirée. Mais le pilote Ganassi reprendra son bien lors du restart à dix tours du but et Harvick ne sera jamais en mesure de l’attaquer à nouveau. Il devra même lutter contre les quatre pneus frais de Greg Biffle en fin d’épreuve mais parviendra à garder sa seconde position contre le pilote Roush.

Jamie McMurray : “Lorsque Kevin Harvick m’a dépassé à quelques tours de la fin, j’ai cru que c’était fini. C’est vraiment irréel. Et que dois penser Chip (ndlr : Ganassi, son propriétaire) qui gagne l’Indy 500 et ces deux grandes courses (ndlr: Daytona 500 et Brickyard 400) ? Nous sommes une grande équipe et je vais pouvoir embrasser les briques d’Indianapolis”.

“Honnêtement, lorsque Juan menait et que j’étais deuxième, je me disais que le scenario était écrit à l’avance. J’avais gagné le Daytona 500, Dario Franchitti l’Indy 500 et je pensais que Juan allait gagner celle là. Je suis encore sous le choc d’avoir gagné les Daytona 500 et les Brickyard 400 la même année.”

Dès le départ, la course connaissait son premier rebondissement avec un accident dans le virage n°2 impliquant Sam Hornish Jr, Elliott Sadler, David Reutimann, Reed Sorenson, Todd Bodine, Bobby Labonte et Kyle Busch mais ce dernier n’aura aucun dommage sur sa voiture.

L’action reprenait au tour n°8 et les évènements n’allaient pas tarder à s’enchaîner. Tout d’abord, Ryan Newman allait crever au 10ème tour sans créer de neutralisation. Il repassera aux stands deux tours plus tard pour une nouvelle crevaison. Pendant ce temps là, la température montait sur l’Indianapolis Motor Speedway et Brad Keselowki, Carl Edwards, Denny Hamlin, AJ Allmendinger ainsi que Dale Earnhardt Jr. rentraient tous aux stands pour des problèmes de surchauffe. Au 16ème tour, Robby Gordon explosait son pneu avant extérieur et Max Papis son moteur, forçant les officiels à sortir le second drapeau jaune de la journée.

Jimmie Johnson s’emparait du commandement lors des arrêts aux dépends de Montoya qui reprendra son bien dès le restart. Mark Martin, Matt Kenseth et Jamie McMurray complétaient alors le top-5. Kyle Busch remontait très vite dans le peloton après ses déboires en début d’épreuve et intégrait le top-15 quelques tours après ce restart.

Au 39ème tour, Montoya décidait de s’arrêter sous drapeau vert suite à une vibration afin de changer ses quatre pneus, laissant ainsi la tête de la course à Mark Martin. Néanmoins, ses adversaires devaient faire de même 10 tours plus tard et le Colombien ayant la voiture la plus rapide de la soirée, reprit le commandement.

Au 62ème tour, Greg Biffle profitait de ses pneus plus frais pour prendre la tête au pilote Ganassi, quatre tours avant la troisième neutralisation, pour débris. Montoya en profitait pour revenir dans la même séquence de ravitaillement que les leaders. Les positions n’allaient pas changer dans les stands mis à part pour le double tenant du titre Jimmie Johnson qui allait passer un long moment sur son emplacement avant de repartir en 22ème position.

Au 90ème tour, la Ford Fusion n°16 menait toujours devant Montoya, McMurray, Bowyer, Harvick, Martin, Kyle Busch, Martin Truex, Kurt Busch et Tony Stewart qui fermait le top-10. Quant à Jimmie Johnson, il connaissait de gros problèmes avec sa voiture et ne parvenait pas à remonter dans le peloton.

L’approche de la 100ème boucle allait obliger les leaders à s’arrêter de nouveau et le grand bénéficiaire de cette salve de ravitaillements était Montoya qui s’emparait à nouveau du commandement. Au 111ème tour, il avait moins d’une seconde et demi d’avance sur Greg Biffle alors que Jamie McMurray, troisième, pointait à plus de neuf secondes !

La quatrième neutralisation entra en vigueur au 117ème tour pour un débris venant apparemment de la voiture de Ryan Newman. Pas de changement dans le top-3 après les ravitaillements. Jimmie Johnson continuait sa mauvaise soirée en perdant un tour dans les stands, qu’il rependra lors de la dernière neutralisation après avoir décidé de ne pas s’arrêter.

Au 129ème tour, Jeff Gordon connaissait un problème de pneus en plus d’une surchauffe et devait revenir à son stand sous drapeau vert. Il terminera 23ème et dans le tour. Quant à Montoya, il menait toujours ces Brickyard 400 mais on connaît la suite…



La Richard Childress Racing a connu une très bonne soirée puisque Clint Bowyer a terminé quatrième et conforte sa place dans le top-12. Tony Stewart complète le top-5 devant Jeff Burton, Carl Edwards, Kyle Busch, Joey Logano et Kurt Busch.

Au championnat, Harvick prend le large avec 187 points d’avance sur Gordon. Le top-12 reste en l’état alors que Mark Martin dépasse Dale Earnhardt Jr. pour la treizième place. Le vétéran de la NASCAR pointe désormais à 62 points de Clint Bowyer qui occupe toujours la dernière position de ce fameux top-12.

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