Richard Petty Motorsports, histoire d’un gâchis

Et voilà, Kasey Kahne a signé chez Red Bull alors que Paul Menard a préféré partir chez RCR avec son sponsor familial et tout l’argent qui va avec. Elliott Sadler a décidé de lui-même de faire ses valises (un mal pour un bien ? …) alors qu’A.J. Allmendinger a eu le courage de prolonger son contrat dans cette écurie historique dont l’histoire actuelle semble n’être qu’un long enchaînement de n’importe quoi.

Quant au recrutement de Marcos Ambrose, la Richard Petty Motorsports a réussi un joli coup sur le marché des transferts mais c’est quand même loin du niveau d’un Kahne. On peut franchement douter que la voiture n°9 soit plus performante l’année prochaine, non pas que l’Australien soit mauvais, mais le budget de cette écurie devrait prendre un sacré coup avec le départ de Budweiser et de Menard qui bouclait le budget de toutes les écuries où il passait.

Vraisemblablement, Sadler ne sera pas remplacé dans la n°19. Ainsi, Richard Petty n’engagera que deux Ford l’année prochaine : la 9 d’Ambrose et la 43 d’Allmendinger. Enfin, Richard Petty et son associé Georges Gillett, le richissime investisseur Canadien qui fait des ravages partout où il passe.

Depuis qu’il est arrivé au sein de la Evernham Motorsports, Gillett n’a pas fait que du bien et Kahne a ainsi décidé de quitter le navire pensant (à juste titre ?) que l’avenir devrait être meilleur ailleurs. Après tout, Gillett n’en est pas à son premier coup d’éclat.

Pour ceux qui sont passionnés de sport en général, sachez que Gillett et l’un de ses associés ont acheté le club de football anglais de Liverpool en 2007, un club qui était alors l’un des meilleurs d’Europe avec une histoire à la hauteur de son très grand prestige. Gillett a voulu y imposer sa patte et le résultat est qu’aujourd’hui, Liverpool est en vente après une saison très délicate avec un léger déficit de 300 millions d’Euros… et surtout ce club ne fait même plus partie des favoris du championnat anglais et ne fait plus peur à personne.

Mais revenons à la NASCAR. La Richard Petty Motorsports engage quatre pilotes cette année : Kasey Kahne dans la 9, Elliott Sadler pour la 19, A.J. Allmendinger dans la 43 et Paul Menard dans la 98. Cette RPM version 2010, motorisée par Ford, est le fruit d’une fusion entre la RPM de 2009 et la Yates Racing, d’où le passage à Ford.

Lorsqu’il a re-signé pour 2010, Kahne a demandé des garanties à Richard Petty afin de disputer la saison actuelle dans les meilleures conditions. D’où le passage de Dodge à Ford. Finalement, les bénéficiaires de cette affaire sont : Dodge, qui n’a plus qu’une écurie à fournir, ce qui fait du bien lorsque l’on n’a plus d’argent ; la Penske Racing, qui profite de tout le développement de Dodge pour son propre compte et avec les changements prévus pour 2011, il est fort probable que cette écurie fasse un malheur l’année prochaine ; et enfin Ford qui souhaitait depuis longtemps engager plus de voitures, ce qui ne durera pas. Mais la RPM n’a rien gagné elle, pire encore puisqu’elle perd son meilleur élément.

Donc revenons à notre histoire “Petty”. En 2009, les deux écuries qui ont fusionnées avaient six pilotes sous contrat : Kahne, Sadler, Reed Sorenson dans la 43 et Allmendinger dans la 44 à l’époque côté RPM, et Menard ainsi que Bobby Labonte dans la 96 pour la Yates. Deux pilotes ont donc été laissés sur le carreau.

Revenons enfin à 2008, année à l’issu de laquelle la RPM a été formée. Cette équipe était le fruit de la fusion entre la Gillett Evernham Motorsports et la Petty Enterprises (Kahne, Sadler et Patrick Carpentier d’un côté, Bobby Labonte et Kyle Petty de l’autre). Quant à la Yates, cette écurie s’associait à la Hall of Fame (Kvapil dans la 28, Gilliland dans la 38 et Yeley dans la 96).

Nous voici en haut de notre arbre généalogique. Fin 2008, on trouve donc huit pilotes à la base de ce que deviendra la RPM à peu plus tard. A force de fusions, seul deux pilotes ont survécus. Six structures de fermées en trois ans et cette écurie ne vas pas mieux, il est donc clair que l’on va dans la bonne direction… Faut-il en conclure que l’aventure de l’écurie de Petty sera terminée fin 2010 ? Personne ne le souhaite.

Les performances de la RPM version 2010 sont loin du compte. Kahne, le fer de lance, ne compte que huit top-10 après 24 courses, Allmendinger quatre, Menard trois et Sadler un seul. Au championnat, Kahne est seizième et ne fera pas les playoffs (la Dodge l’y avait emmené l’année dernière, elle !), Allmendinger est 22ème devant Menard alors que Sadler se traîne en fond de top-30. Et l’avenir ne s’annonce pas meilleur.

Depuis 2006, Kasey Kahne porte seul cette écurie à bout de bras et la quitte donc en fin d’année. Mais que va-t-il se passer après 2011 ? Qui va vouloir piloter pour aider cette écurie à revenir en haut de l’affiche ? Certainement pas à un pilote de pointe qui aurait tout à perdre en rejoignant ce grand bazar. Un jeune alors ? Non plus.

Figurez-vous que la Richard Petty Motorsports est la seule grosse écurie du plateau à n’avoir aucun pilote de développement engagé dans les séries nationales de la NASCAR et pour tout vous dire je ne suis même pas sûr qu’elle en ait dans les séries régionales. A partir de là, impossible d’amener des jeunes en Sprint Cup vu que tous les meilleurs sont sous contrat avec des grosses cylindrées de la Sprint.

Le seul jeune qui aurait pu faire quelque chose était un certain Scott Riggs, 20ème du championnat en 2006 pour sa première saison avec Evernham avec deux poles et huit top-10. A noter qu’il n’avait fait que 35 courses puisqu’il n’avait pu participer au Daytona 500.

Mais l’année 2007 ne s’est pas aussi bien passée. Une soufflerie mal programmée, des performances en piste catastrophique, l’écurie Evernham était très mal en point. Et Gillett est arrivé afin d’amener un peu d’argent pour que cette écurie aille mieux. Le pauvre Scott Riggs, du fait de sa faible expérience en Cup, était encore plus largué que Kahne et Sadler dont les prestations étaient misérables. Le premier fait d’arme du nouveau propriétaire a été de virer Riggs pour le remplacer par un canadien, Patrick Carpentier. Une nouvelle qui passait bien dans son pays d’origine.

Sauf que Carpentier n’avait aucune expérience de la NASCAR et n’a pas fait mieux que Riggs. Non seulement Gillett a donc détruit la carrière de Riggs, mais il est arrivé exactement la même chose au sympathique Québécois qui n’avait rien fait pour se retrouver dans cette position. Comme quoi argent et sport ne font pas toujours bon ménage…

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