« Si tu ne termines pas premier, tu es dernier » : la phrase culte du film Talladega Nights ne trouve jamais un écho aussi fort qu’à l’issue d’une édition des 500 miles d’Indianapolis lors de laquelle la victoire s’est jouée pour 0,0223 secondes – l’arrivée la plus serrée de l’histoire de l’épreuve. Du bon côté de la photo-finish, Felix Rosenqvist peut célébrer ce qui est seulement sa deuxième victoire en IndyCar, après Road America en 2020. Du mauvais côté, pour quelques dizaines de centimètres, David Malukas a vu filer entre ses doigts une victoire qu’il pensait pourtant acquise.
« Pour une raison quelconque, je me disais « Ça y est, on l’a. On va l’avoir ». Et on ne l’a pas eu, pour pas grand chose. Je pense que c’est pourquoi ça fait aussi mal, d’avoir été persuadé qu’on allait gagner, et d’avoir eu tord. »
« Je ne suis pas surpris de voir à quel point ça blesse. J’ai su que pendant tout le mois de mai, la voiture était excellente et que si on se retrouvait dans cette position, ça allait faire mal. J’étais juste extrêmement dévoué. Pendant les derniers restarts, je n’ai pas stressé. »
Figurant toute la course dans le groupe des leaders, mais piégé par une stratégie qui semblait espérer le retour prématuré de la pluie, le pilote Penske a profité de la neutralisation provoquée par Caio Collet pour revenir dans le match, alors qu’il était quatrième mais à plus de quinze secondes de la tête de course. Prenant la deuxième place au restart par l’extérieur, une nouvelle neutralisation, due à un léger contact avec le mur du virage 1 pour Mick Schumacher, lui a permis de se blottir dans les échappements de Marcus Armstrong pour le dernier restart. Prenant la tête dès l’agitation du drapeau vert, tout semblait aller en son sens avec la bataille des coéquipiers de la Meyer Shank Racing pour la deuxième place. C’était sans compter sur la sortie du dernier virage de Felix Rosenqvist, qui est arrivé avec plus de vitesse et s’est décalé juste au bon moment pour offrir à la MSR sa deuxième victoire à l’Indy 500, après Hélio Castroneves en 2021.
« En voyant le replay et la vitesse qu’il amenait, je me suis honnêtement senti un peu mieux parce que je me suis dit que je n’aurais pas pu y faire grand chose, si ce n’est resserrer l’écart de quelques millièmes. Je pense que ce sont les dieux de l’IMS qui m’ont dit que ce n’était pas mon tour. »
Pourtant pas de quoi décourager le jeune pilote de vingt-quatre, clairement sur la pente ascendante cette année alors qu’il vient d’arriver chez Penske. Deuxième du championnat, à trente-sept points d’Álex Palou, il devance largement ses coéquipiers Scott McLaughlin (sixième, cent quatre-vingt-un points) et Josef Newgarden (huitième, cent soixante-sept points). Aussi, lorsqu’on lui demande à quelle vitesse il va passer à autre chose :
« Ça ne prendra pas longtemps. On va s’en servir comme d’une motivation supplémentaire. Pour le moment, tout ce qui m’obsède, c’est d’aller chercher cette première victoire. On en a été proche tellement de fois – tout Indianapolis, même le GP, n’a été qu’une question de secondes. On en est si proche, je ne sais pas si on peut l’être encore plus. »
Ce qui tombe bien pour le pilote Penske, c’est qu’il aura l’opportunité de prendre sa revanche dès la semaine prochaine, dans les rues de Détroit. L’année dernière, alors avec la AJ Foyt Racing, il s’était qualifié en première ligne et s’était battu pour un top-5, avant qu’une pénalité ne le relègue en quatorzième position.
