‘Dan Gurney White Paper’ : l’origine du C.A.R.T. (2/2)

“A travers les 3 ou 4 dernières années, j’ai eu des conversations avec quasiment tous les propriétaires et les directeurs d’équipes. J’ai eu des discussions avec les pilotes, avec les instances dirigeantes, avec les propriétaires des circuits et les promoteurs, les gros sponsors, les fans et les autres parties intéressées. Généralement il y a un accord sur le fait que quelque chose ne tourne pas rond dans notre sport. Il n’atteint pas son plein potentiel par aucun moyen, et il y a un énorme besoin de faire un changement !

Tôt dans mes discussions, j’ai réalisé que nous étions si intenses les uns envers les autres, que nous ne nous arrêtons pas pour observer et analyser la situation (…). Notre sport a le potentiel d’être rémunérateur et en bonne santé du point de vue des affaires pour tous les participants. Beaucoup de propriétaires et de directeurs sont excellents et sont de très talentueux hommes d’affaires dans leur propre vie en dehors de la course. Nous, en tant qu’hommes d’affaires, devrions avoir honte de nous-mêmes d’être impliqués dans un sport prestigieux comme le ‘Championship Racing’ (ndlr : l’ancien nom du CART et de l’IndyCar) avec tout son potentiel, tandis qu’il est faible et désorganisé dans son état actuel. Il est vraiment étrange qu’avec toutes ces personnes influentes impliquées, nous n’avons toujours pas agi ensemble. (‘Diviser pour mieux régner’ continue de fonctionner ne trouvez-vous pas ?).

OK ! Qu’allons-nous faire à ce propos ? D’abord faisons un écart pendant un moment. Etudions un brin d’histoire. Au début des années 70’, l’état de la Formule Un était similaire à notre USAC Championship Racing. La foule était plutôt faible, les sponsors étaient difficiles à trouver, les médias n’était pas plus intéressés que cela, les dépenses étaient hautes et s’accentuaient et la scène entière était désorganisée.

Ce fut à ce moment que le désespoir de la situation les a uni et qu’ils ont formé une organisation nommée ‘Formule 1 Constructors Associoation’ (FOCA en français, FICA en anglais). Ils ont nommé un homme qui s’appelle Bernie Ecclestone comme chef des opérations et négociateur et ils ont fait une promesse solennelle de respecter à 100% ses décisions. Ils se sont retroussés les manches et ont procédé à une améliorations qui a amené le sport tout entier où les spectateurs étaient plus nombreux, les sponsors et les autres personnes plus heureuses d’être impliquées, les médias montraient un entrain à couvrir tous les évènements sur les TV et de même pour les hebdomadaires et les journaux du monde entier. L’argent est revenu aux constructeurs et aux propriétaires des circuits sous forme d’un plus grand nombre de tickets vendus, d’un plus gros sponsoring, de primes et de dépenses plus élevées et les spectateurs en avaient pour leur argent avec un meilleur spectacle.

Le fait évident est que la FICA a transformé le monde des Grands Prix (…). Ils l’ont fait en s’unifiant et en se promettant de ne pas revenir en arrière. Ils parlent d’une voix (celle du négociateur) et cette voix a gagné en autorité à pas de géants.

Maintenant il est vrai que le Championship racing est quelque peu différent des Grands Prix et de ce fait il aura besoin d’une organisation légèrement différente pour l’améliorer. Je mentionne uniquement la FICA comme un exemple de quelque chose qui a fonctionné. Je pense que chacun est d’accord pour dire que les coûts du Championship Racing ont augmenté au point qu’ils deviennent ridicules, et dans le même temps une large part des récompenses n’a pas augmenté du tout, mais a en fait décliné lorsque vous considérez l’effet de l’inflation générale de l’économie américaine.

Pour le moment, nous, les propriétaires, sommes ceux qui ont fait le plus gros des efforts, et de loin avec les plus gros enjeux financiers avec peu ou pas de chance de retour sur investissement et encore, parce que nous avons été tellement occupés à nous battre les uns contre les autres, nous avons laissé les propriétaires des circuits, ou les promoteurs et les instances dirigeantes nous mener par le bout du nez pendant qu’ils récupéraient les bénéfices. L’USAC par exemple négocie avec les télévisions comme s’ils avaient les droits TV ce qui en fait si on creuse un peu plus loin, sont nos droits TV (Aux propriétaires et aux écuries).

(…). Dans toutes nos discussions, en tant que propriétaires et représentants d’écuries, nous sommes d’accord qu’il est essentiel que nous continuions à supporter l’USAC en tant qu’instance dirigeante pour le Championship Racing. La seule amélioration sera que l’USAC travaillera pour nous et soutiendra notre cause et notre règlement également. Ca devrait être clairement compris que le but de cette organisation est de rendre la course meilleure dans tous les aspects. Pas seulement pour les propriétaires et les pilotes, mais aussi pour les propriétaires des circuits, les promoteurs, les dirigeants, les sponsors et les supporters, et enfin et non des moindres, les fans de courses et les spectateurs qui paient leur entrée.

Dans l’analyse finale, une large foule composée de spectateurs payants sont la clé du succès pour tout. Les propriétaires des circuits et les instances dirigeantes qui promeuvent ces gros évènements, qui par contrat comprennent les équipes et les pilotes stars, attireront la foule… ce qui par conséquent attire les sponsors et les réseaux TV… Tout ceci en améliorant le sport dans sa globalité. Je suis intimement convaincu que plutôt que de couper les coûts de la course, ce qui est presque impossible, il est de loin plus important de rendre l’argent plus accessible en augmentant la popularité et le prestige du sport au grand public.

Les pistes qui refusent d’entreprendre et de promouvoir ne devraient pas être autorisées à organiser des courses. L’autre alternative est de permettre à notre organisation (cette idée est empruntée à la FICA) de prendre le contrôle des circuits contre un arrangement sous forme de leasing, et ainsi nous pourrions faire la promotion et organiser les courses où nous sentons qu’elles puissent connaître le succès. Toujours régies par l’USAC bien sûr. Par exemple, le GP d’Allemagne à Hockenheim sera promu par la FICA cette année, 1978.

Maintenant, comment allons-nous là-bas en partant de là ? De la manière dont je le vois, la première étape est d’analyser la situation, se rassembler et former l’organisation. (Appelons là CART ou Championship Auto Racing Teams). Une fois que nous serons d’accord sur le fait que le CART est nécessaire, alors nous devons faire apparaître ce que nous voulons faire et comment nous devrions l’accomplir. Je crois que l’organisation peut opérer par une équipe ou trois personnes. Un Directeur/Négociateur, un secrétaire et un comptable et enfin un prospecteur si besoin. Il aura besoin d’une carte de voyage, une carte de téléphone et un compte pour les dépenses. Il y a une rumeur indiquant que Bernie n’a rien de tout ça, il travaille avec 2% de commission sur tout ce qui est fait par la FICA.

Il apparaît qu’une confrontation avec l’Indianapolis Motor Speedway représenterait la première cible. Ils sont ceux qui peuvent payer. Nous devrions renégocier les contrats TV (nos droits par les leurs) et nous devrions doubler le prix. Nous devrions renégocier avec d’autres circuits sur une base d’un montant raisonnable de revenu venant de toutes les sources comme la TV, les billetteries, la publicité… La gâteau entier devrait être partagé d’un point de vue collaboratif plutôt que de se tuer entre nous (ndlr : tous les acteurs du championnat).

(…) Avec un programme correct d’exposition, une compagnie pétrolière peu toujours avoir la possibilité de tirer un avantage en étant le sponsor exclusif de la série. Les cigarettes, le whiskey, les banques, les syndicats… nous avons besoin d’une équipe de promoteurs agressive avec des gens extraordinaires à sa tête. Comment finançons-nous ce C.A.R.T. ? Des frais d’entrée ? Un pourcentage sur les prix ? Etc. je suis ouvert aux suggestions. Quelqu’un (du C.A.R.T.) doit faire partie des négociations avec les promoteurs des circuits, avec les personnes des télévisions, et avec les sponsors de la série etc.”

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