Après une heure de course, il s’était déjà passé énormément de choses sur la piste et nous avons assisté à deux gros retournements de situation du côté des équipes de pointe Peugeot et Audi.

Rapidement après le drapeau vert agité par Luca Di Montezemolo, nous avons retrouvé trois Peugeot en tête avec dans l’ordre la n°8 avec Montagny, la n°7 avec Pedro Lamy et enfin la n°9 avec à son volant Alex Wurz.

Derrière, McNish était un peu plus lent et commençait à perdre du terrain sur le trio infernal. Juste dix minutes après le départ de la course, l’Audi n°3 pilotée par Alexandre Prémat a tiré tout droit à Indianapolis. Il a finalement pu repartir et rejoindre son stand. Les mécaniciens ont immédiatement placé la voiture sur roulettes pour la rentrer effectuer toutes les vérifications nécessaires. Le pilote a rapidement pu reprendre la piste, mais à deux tours des leaders.

Sur la piste les Peugeot étaient globalement deux secondes plus rapides que les Audi alors que les Lola Aston Martin comptaient déjà plus de 30 secondes de retard après 7 tours.

Les premiers ravitaillements des équipes de pointe ont commencé peu de temps après la barre des 10 tours et c’est la Peugeot n°9 qui a ouvert le bal. Ses deux soeurs n’ont pas tardé à l’imiter, mais malheureusement en même temps.

Et la coup de théâtre, au moment ou la Peugeot n°7 avec à son volant Lamy s’est faite percuter par l’autre Peugeot 908 du Team Pescarolo sous les cris consternés de la foule… Si la n°17 a pu rentrer à son stand, Lamy a du faire un tour complet du circuit du Mans avec un pneu arrière en lambeaux. Résultat: énormément de temps perdu pour cet équipage. Mais les commissaires de piste ont vite décidé de neutraliser la course alors que le capot arrière de la voiture commençait à se détruire.

Toutes les équipes ont alors profité de ce premier drapeau jaune pour passer aux stands. A ce petit jeu c’est la Peugeot n°8 qui a fait la bonne affaire en profitant de son ravitaillement anticipé.

Au restart, les Audi pointaient déjà à un demi tour du leader et l’ordre au passage de la ligne est Peugeot n°8, Audi n°1 et n°2, Aston Martin 007 et 008.

Après trois heures de course, il n’y avait que peu d’évolution sur la piste. Les Peugeot semblaient clairement plus rapides en performance pure par rapport aux R15 et elles ont retrouvé le leadership après une première phase de course pourtant chaotique.

Le lion n’est donc pas encore mort puisque après l’accrochage – assez burlesque – entre les Peugeot 908 numéro 7 et 17, les deux autres prototypes français occupent tranquillement la tête de la course avec la n°8 pilotée par Franck Montagny – actuellement le plus rapide en piste – devant la n°7 de Marc Gene.

Allan Mcnish accrochait de toutes ses forces la meilleure Audi aux basques des Peugeot, mais sa R15 était déjà rejetée à environ deux minutes quarante secondes de la tête. Pour trouver le premier concurrent équipé d’un moteur essence, il fallait retomber jusqu’à la cinquième place avec la toujours aussi belle Aston Martin Lola 007 pilotée par Tomas Enge, suivie de près par celle de Verstappen.

Chez Oreca, la n°11 de Panis passait en onzième position à cause d’un petit problème avec la pédale d’accélérateur pendant que la n°12 de Stéphane Ortelli tapait le mur, laissant Bruno Senna repartir en seizième position après les réparations.

En LMP2, c’était toujours la domination totale pour les deux Porsche RS Spyder : Essex devant le team Goh. En GT1, les deux Corvette officielles sont logiquement sur une autre planète et en LMGT2, la Porsche du Flying Lizard se détachait tranquillement du reste du peloton après l’abandon de la GT3 RSR du team Felbermayr.

Le soleil commence lentement à décliner sur le Mans et les chronos devraient peu à peu s’améliorer. Il fait toujours très chaud ici et le ciel est presque dégagé : la piste devrait rester sèche jusqu’à la fin de la course.

Les deux heures suivantes heures ont été perturbées par la sortie du Safety Car suite au gros crash de la Radical SR9 avec à son volant Tim Greaves après 4h40 de course. Plus de peur que de mal pour le pilote qui a réussi à ramener sa voiture au stand, mais sur trois roues.

L’accident a semble-t-il été déclenché par un contact avec l’Aston Martin 009 à l’entrée des virages Ford.

Durant ces deux dernières heures, parmi les faits marquant on retiendra en LMP1 le changement des museaux des trois Audi R15 TDI, la grosse intervention sur la Lola Aston-Martin 009 pour des problèmes de refroidissement et une fuite d’eau dans le cockpit. Au niveau du classement, c’est toujours la Peugeot n°8 qui mène devant la n°9 et l’Audi n°1.

En LMP2, Miguel Amaral a une nouvelle fois visité le bac à graviers au volant de sa Ginetta Zytek n°40 au niveau du ralentisseur Playstation. Devant, la lutte fait rage entre les Porsche RS Spyder du Team Essex (n°35) et du Team Navi Team Goh (n°5). Elles ne se lâchent pas sur la piste ni dans les stands. Après cinq heures de course elles ne sont séparées que de 6 secondes.

En GT1, pas d’évolution, les deux Corvette d’usine dominent toujours celles de Luc Alphand Avanture. Ce dernier a d’ailleurs repris le volant de la n°72 à 19h15.

En GT2, la Porsche de l’Endurance Asia Team est enfin reparti après une réparation de presque deux heures. Mika Salo a écopé d’un Stop&Go pour avoir coupé les chicanes au volant de sa Ferrari F430 GT n°82 de la Risi Competizione. Au niveau du classement c’est la Porsche n°76 de Team Imsa Performance Matmut qui domine les débats devant la n°82 et la Ferrari n°92 de la JMW Motorsports.